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L’appel de Reinhold Messner dans son nouveau livre : urgence, il faut sauver les montagnes !

Dans son nouveau livre-plaidoyer qui paraît aujourd’hui, Urgence, il faut sauver les montagnes, Reinhold Messner lance un cri d’alarme qui peut se résumer ainsi : il n’y a pas de montagnes de rechange. c’est pourquoi nous devons les protéger, explique l’alpiniste qui le premier a gravi les quatorze 8000, a été député européen et est aujourd’hui cinéaste. Messner en appelle à une reconnection des grimpeurs avec le milieu naturel, et demande aux alpinistes d’assumer la responsabilité de la protection de la montagne.

 

Sans aucun doute l’alpiniste le plus célèbre de notre époque, Reinhold Messner n’est pas « que » l’homme des quatorze 8000, ou de la première ascension de l’Everest sans oxygène (1978) et en solitaire et sans oxygène (1980). Comme il nous l’a confié récemment dans une interview exclusive, Il ne mâche pas ses mots quant à la mercantilisation de la montagne et au tourisme de masse. Publié chez Glénat en même temps qu’un opus équivalent signé Paul Watson, de l’ONG Sea Sheperd en faveur de la protection des océans, ce livre-manifeste se veut une mise au pied du mur pour l’alpiniste actuel mis en face de ses contradictions, un vade-mecum pour les associations, institutions et même gouvernements. En ex-député européen (vert), Messner y détaille en une liste un projet de charte pour les pays de l’Union Européenne, charte visant à « sauver les montagnes ».

L’intention de Messner ne manque donc pas d’ambition, puisqu’il s’agit là de pousser les alpinistes eux-mêmes à revendiquer haut et fort la protection de la montagne, avant de proposer des bases pour les pays de l’Union Européenne afin de respecter et protéger les montagnes.

S’il demande aux alpinistes de s’impliquer, Messner commence par leur botter les fesses, rappelant bien entendu sa conception de l’alpinisme – dit du renoncement (à l’équipement, à l’oxygène..) par rapport à l’alpinisme de consommation, qui n’est pas loin, dans son échelle personnelle, du tourisme de masse. C’est-à-dire très bas.

La montagne ne doit pas être palliatif. « Si la finalité de la nature est de pallier le déficit émotionnel de la société, si le rôle de la course en montagne est de compenser l’anonymat de la vie quotidienne ou professionnelle, alors l’attirance pour la montagne n’est plus qu’un besoin de fuir la ville. »

Et de pointer la contradiction entre notre désir d’ailleurs et le risque de dégradation qu’il implique, la montagne disneyland.  « De nos jours, les activités sportives pratiquées en montagne obéissent à des modes et sont de moins en moins écologiques, car le rapport à la nature est de plus en plus superficiel. Bien souvent, la nature n’est plus qu’un leurre. Comme il l’a fait dans les villes, l’homme crée en montagne une «deuxième nature », où pistes aménagées, parcours sécurisés, refuges, hélicoptères de sauvetage sont désormais indispensables à ses loisirs. Et où il exige de trouver un large éventail de services, son niveau de confort habituel et une maîtrise totale des éléments. La montagne est devenue un bien de consommation (…) »

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