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La pureté du geste n’a d’égal que son caractère inattendu. Et nul n’a vu venir Jim Reynolds. Pourtant, ce californien de 25 ans a réalisé, le 21 mars dernier, un solo intégral parmi les plus époustouflants de ces dernières années. On est loin des envolées solitaires d’Alex Honnold sur le rocher sain et ensoleillé du Yosemite. Reynolds, lui, vient de gravir la voie Afanassieff au Fitz Roy (1 550 m, 30°, 6a+, Argentine), en évitant les chutes de glace et en se jouant des affres de la météo patagone. Mais le véritable exploit est ailleurs, car Reynolds est également redescendu par la même voie, en désescalade, sans utiliser son brin de corde de secours. Interview exclusive avec un grimpeur inspiré.  

 

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n a beau connaître le petit monde de la grimpe américaine, et en particulier celui du Yosemite, force est d’avouer que l’on n’avait jamais entendu parler de Jim Reynolds. Ou peut-être que si, une fois, furtivement, lorsque ce jeune californien décrocha un court moment le record d’ascension du Nose (El Capitan, Yosemite) avec Brad Gobright, pendant à peine plus de six mois, en 2017 (2h19mn44s). C’était sans compter sur la folle année 2018 qui s’en suivit et les records successifs, à coups de minutes grapillées, par les deux maîtres des lieux : Tommy Caldwell et Alex Honnold. Depuis, il faut croire que Reynolds avait repris une vie discrète, ponctuée de secours au Yosemite, lorsque, le temps d’un été, Jim rejoint l’équipe des YOSAR

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