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Samivel, défenseur des cimes Hommage à Samivel disparu il y a 30 ans 2/2

Samivel, de son vrai nom Paul Gayet-Tancrède, est mort il y a trente ans à Grenoble. Il nous a laissé une oeuvre foisonnante sur la montagne : albums, romans, affiches, films documentaires, livres pour enfants, etc. Mais au-delà de l’émerveillement pour la nature qu’il savait si bien partager, il fut l’un des premiers lanceurs d’alerte sur les dégradations subies, entre autre, par le milieu alpin. Second volet de notre dossier hommage à Samivel, un artiste engagé.

Si Samivel a un talent hors pair pour nous éblouir et nous faire rire, dès ses premières oeuvres il nous interroge aussi sur l’avenir que nous réservons à nos montagnes. Dans l’un de ses premiers albums, Sous l’oeil des choucas (1932), il montre au fil des pages une marée humaine sur la Mer de Glace, des refuges encombrés, des téléphériques bondés. Il prédit même que tout cela pourrait mal finir, avec deux dessins : L’alpinisme de l’an 2000 (où la montagne est bardée d’équipements et d’enseignes publicitaires) et L’Alpinisme de l’an 3000 (où toute trace de l’homme a quasiment disparu) … 

Cette sourde inquiétude de l’artiste va s’accentuer au fil du temps. Au début des années 1950, fort de son expérience à la caméra lord de l’expéditon française au Groenland avec Paul-Emile Victor en 1948, il réalise le film Cimes et Merveilles, qui montre au fil des saisons les splendeurs de la montagne, dans toute leur fragilité. Le documentaire obtient le premier Grand Prix du Festival du film de Trente

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