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Le 18 février 1992, Paul Gayet-Tancrède, dit Samivel, tirait sa révérence à Grenoble, à l’âge de 84 ans. Il laissait derrière lui des centaines de dessins, aquarelles, romans, poèmes, films et œuvres diverses qui ont marqué le monde de l’altitude. Samivel portait un regard unique sur nos cimes, à la fois admiratif, humoristique, critique et protecteur. Premier volet de notre dossier hommage à un grand artiste.

«Dans les années 1960, 1970, 1980, les dessins et les aquarelles de ce modeste génie étaient partout présents, reproduits, dupliqués, punaisés aux murs des cafés, des halls de gare, des bureaux de poste, des offices de tourisme », raconte le philosophe et écrivain Yves Paccalet dans Samivel, L’âme du monde, paru aux éditions Hoëbeke en 2007, à l’occasion des cent ans de la naissance de l’artiste.

Combien sommes-nous en effet à avoir fixé notre regard d’enfant sur l’une de ses œuvres ? A avoir rêvé de traverser ces paysages limpides, de suivre ces mystérieuses traces dans la neige ou le vol de ce choucas silencieux. A avoir ri devant ces skieurs maladroits, ces grimpeurs emmêlés dans leur corde. A avoir ressenti l’inquiétude un peu grisante de l’alpiniste pressant le pas pour descendre sous l’orage menaçant.

Paul Gayet-Tancrède, dit Samivel.

Le jeune Paul Gayet-Tancrède examine pendant des heures les brins d’herbe du square de son quartier, les moineaux, les cailloux et le ruisseau qui alimentent son imagination fertile.

Samivel a probablement façonné le regard de plusieurs générations sur la montagne. Comme Roger

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