Liberté de pratique et principe de gratuité des secours : jusqu’à quand ?

LES ENJEUX DE LA PRESIDENTIELLE 2022

Les conséquences judiciaires d’accidents et la pression des assureurs ont conduit la FFME à faire évoluer son rôle dans la gestion des falaises en y associant les collectivités. La nouvelle loi 3DS donne de l’air aux gestionnaires et aux propriétaires, permettant de les dédouaner de la responsabilité en cas de dommage résultant « de la réalisation d’un risque normal et raisonnablement prévisible ». Si cette avancée législative a permis d’éviter le risque d’interdiction de certaines falaises, il reste à voir dans le temps si elle sera suffisante pour garantir la liberté de pratique. Enfin, la communauté montagnarde doit faire face au regard comptable de l’opinion publique quant au coût des secours en montagne. 

Les dix dernières années ont été difficiles. La jurisprudence Vingrau, qui a vu condamner la FFME à verser d’importants dédommagements suite à un accident, a conduit la FFME à se désengager en dénonçant les conventions signées avec les propriétaires ou gestionnaires d’espace, sous la menace d’une hausse substantielle des assurances, voire de l’impossibilité de s’assurer (et pour les licenciés par la même occasion).

Dès lors, étant donné le montant possible des indemnisations en cas d’accident, endosser la responsabilité du moindre rocher qui peut tomber en milieu naturel, dans lequel le grimpeur prend sciemment le risque de se déplacer, risquait de mettre un frein brutal à la pratique de l’escalade en falaise. Convention fédérale ou pas, la FFME s’est retrouvée à devoir défendre la liberté de pratique, quand bien même seule une minorité de grimpeurs de

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