fbpx
@

Seckauer Tauern, Krugtörl, Talkenschrein, … ou quand ta plus grande difficulté est d’expliquer ton chemin aux personnes que tu croises ! La route des pseudos pizzaïolos de Pizalp que nous sommes commence en Autriche. Il faut se rappeler les lointains cours d’allemand. Première phase  d’immersion dans ces massifs qui attisaient notre curiosité et qui n’ont pas déçu. 

Les deux premières parts de Pizalp viennent d’être dévorées. Toute la pression de l’organisation, de la préparation, du calage de l’itinéraire jour par jour, refuge par refuge pour permettre de donner de la visibilité aux motivés pour nous rejoindre, c’est lourd, intense, surtout quand tu ne te laisses finalement que 4 mois pour préparer un tel projet. Mais là, tu te retrouves à placer gentiment tes peaux sur les skis, les poser sur la neige, au beau milieu d’une plaine autrichienne enneigée, le soleil ne perce pas, il neigeote même et pourtant, quand tu vas clipper ton premier ski, tu comprends pourquoi tu es là, que tu t’es donné à bloc pendant ces mois de préparation et c’est parti ! Les premières foulées ressemblent étrangement à tout ce que tu as toujours fait à deux pas de chez toi, mais les émotions sont décuplées.

 

Personne n’a l’air de trop s’aventurer de ce côté là, on retrouve 40cm de neige fraîche, beau cadeau de bienvenue. Les chamois, ou Gams en allemand, nous accueillent même à notre premier col, en plein vent.  Tu réalises aussi petit à petit : “Sympa cette neige, mais faut se la faire la trace !” Puis le sac pèse de plus en plus. Le tracé en traversée implique aussi de longues distances à plat, ça use et au bout du deuxième jour, on est cuits coq ! La tempête dehors est comme un signe pour nous accorder notre premier repos. Ca nous fait bien douter, on est à 2 jours de skis sur 9 mois de voyage, va falloir s’employer ! Les premiers personnages rencontrés à qui nous expliquons le projet sont tellement enthousiastes que la barre d’énergie remonte vite. On vogue à travers ces massifs méconnus, voire inconnus de notre point de vue haut-savoyard. Se dévoilent de somptueux sommets, avec certaines lignes de couloir très tentantes. Le sommet du Kleiner Bösenstein nous offre le premier panorama sur l’arc alpin sur lequel nous allons progresser pendant ces quelques mois, on aperçoit même le Triglav slovène au loin.

Alpages autrichiens, presque comme à la maison. ©Pizalp

Chausser les skis, une habitude pourtant pas pareille ici. ©Pizalp

Et au bout d’une première semaine de ski, au fin fond d’une vallée autrichienne, une première équipe nous rejoint pour prendre une part de PIZALP avec nous.  Au programme, la traversée des Schladminger Tauern, ce massif très sauvage au Sud de Schladming, à l’opposé du plus connu massif du Dachstein. Les sacs sont modifiés pour ajouter la tente, le matos de bivouac et 6 jours d’autonomie en nourriture. Certes, c’est un peu lourd, mais la troupe n’est pas là pour faire rire les patates à la cave !  Nous parvenons à traverser ce massif sans jamais redescendre dans les vallées proches, régulièrement encouragés par la faune locale, avec notamment des troupeaux de cerfs (!), des chamois, lièvres, aigles, et nous avons même entendu un lagopède alpin qu’on espère ne pas avoir trop dérangé.

L’itinéraire s’ajuste avec les conditions nivologiques et météorologiques mais nous permettent de skier quelques pentes magiques, en se faufilant parmi les barres rocheuses. On peut penser que là-bas, ce sont les “petites Alpes” mais quand on se retrouve au pied de la face Nord du Hochgolling, haute de 1200m, on ravale nos présomptions et on se retrouve tous petits au milieu de ce cirque de géants.

Une traversée exploratoire incroyable, au coeur des Alpes, à deux pas de chez soi donc ! 

L’équipe renforcée, prête pour 6 jours d’autonomie. © Pizalp

Ambiance bivouac hivernal et partage autrichien. ©Pizalp

Copy link