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Depuis 1992, chaque année, les Piolets d’Or récompensent les alpinistes auteurs d’ascensions remarquables. Dans moins d’une semaine auront lieu les Piolets d’Or 2021 à Briançon, cérémonie qui marque les 30 ans de ces Oscars de l’alpinisme. À cette occasion, les éditions du Mont-Blanc rassemblent dans un livre exceptionnel signé par Claude Gardien et David Chambre tous les Piolets d’Or, mais aussi l’ensemble des plus grandes ascensions de ces 30 dernières années. Premier extrait de ce livre, le Piolet d’Or inaugural : le pilier sud du Kangchenjunga, l’un des plus beaux exploits en Himalaya.

«Un festival, sportif ou culturel, n’est jamais gagné d’avance : la valeur d’une édition varie en fonction de la production de l’année… Il y aura des années sans. Le Piolet d’Or, en 1991, tombe sur un ticket gagnant. Deux tickets en fait. Le 30 avril, deux Slovènes, Andrej Štremfelj et Marko Prezelj, un vieux briscard et un jeune loup, ouvrent une voie dans la face sud-ouest du Kangchenjunga Sud (8 490 m). Le 15 août, deux Français, Pierre Béghin et Christophe Profit, un vieux briscard et un jeune loup (!), atteignent le sommet du K2 (8 611 m) par la face nord-ouest et la face nord. Ces deux ascensions sont réalisées en style alpin, et elles se situent dans le niveau supérieur de la spécialité. Quel que soit le lauréat du premier Piolet d’Or, il marquera magnifiquement la création du trophée…

Le pilier sud du Kangchenjunga, voie magistrale de Marko Prezelj et Andrej Stremflej, 1er Piolet d’Or, 1992. ©Marko Prezelj / éditions du Mont-Blanc

Piolet d’Or, Acte I

La tâche n’est pas facile quand il s’agit de décider, d’une ascension ou d’une autre, laquelle a le plus de valeur. Le K2 est plus élevé de 121 mètres… Au petit jeu de la difficulté technique, la voie du Kangch semble un peu plus complexe. Sans doute, à l’époque, un pas vient- il d’être franchi en matière d’escalade à haute altitude. Les grandes réalisations en style alpin des années 1980 ont mis la barre très haut: la voie ouverte en style alpin à la face sud de l’Annapurna en 1984 par Nil Bohigas et Enric Lucas, par exemple, compte encore parmi les réali- sations les plus étonnantes de l’histoire de l’Himalaya. Au point qu’en 2014, lors d’une soirée à Chamonix à laquelle les deux Catalans avaient été conviés, Ueli Steck confiait : « Leur voie est sans doute plus difficile que la nôtre »…

Sur la glace noire du Kangchenjunga. ©M. Prezelj / éd. du Mont-Blanc.

Le Kangchenjunga des Slovènes, premier Piolet d’Or

Le topo de la voie du Kangch donne quelques indications impressionnantes. L’éperon débute à 5 580 mètres et s’élève donc sur 2 900 mètres. Les 400 premiers mètres présentent des difficultés évaluées à VI et A1, et des passages en glace à 90°. De 6 200 mètres (premier bivouac) à 7 250 mètres (deuxième bivouac), les pentes ne présentent pas de difficulté, à par t au début. Au-delà, sur plus de 1200mètres de dénivelée et à une altitude élevée, les difficultés ne faiblissent pas : passages de IV et pentes à 60°, du V aux alentours de la cote 8 000… Pour ces 1 200 mètres, Andrej et Marko mettent trois jours : bivouacs à 7 250, 7 600 et 8 100 mètres. L’avenir montrera qu’en matière de cotations, on peut leur faire confiance. À n’en pas douter, leur voie au Kangch est exceptionnelle. »

(…)

Le livre Piolets d’Or

Préfacé par Victor Saunders, édité par Catherine Destivelle aux éditions du Mont-Blanc, le livre Piolets d’Or est sans doute le seul ouvrage rassemblant l’histoire de l’alpinisme moderne.

Sur les 30 derrnières années, le livre signé de David Chambre et Claude Gardien réunit toutes les ascensions remarquables, tous les exploits de ces trente dernières années, car les auteurs ont choisi d’ajouter aux Piolets d’Or officiels les « piolets d’or oubliés ».

Doté d’une iconographie exceptionnelle, avec les tracés des itinéraires des Piolets d’Or, ce livre unique qui vient de paraître est disponible en librairies et ici. 350 p, 45 €.

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