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Treks en Himalaya

L’automne, c’est le retour en salle d’escalade. Révisez vos classiques pour grimper en sécurité : partner check, techniques d’assurage en tête et en moulinette, art du mousquetonnage… et erreurs à ne pas faire. Vous serez paré pour votre prochaine séance d’escalade.

1 L’encordement avec un noeud de huit : oui mais pourquoi ?

Avant de grimper, il faut s’encorder. Le nœud en huit a plusieurs avantages. Tout d’abord, il est facile à apprendre, et comme son nom l’indique, facile à reconnaître. Vous commencez par faire un premier huit à la corde avant de la passer dans les boucles du harnais, puis vous faites faire un nouveau huit à la corde en suivant le précédent brin et donc en copiant le premier huit. Le tour est joué ! N’oubliez pas de laisser une marge de minimum 10 cm au-delà du nœud. Autre bénéfice du nœud en huit : c’est celui-ci recommandé par les fédérations et c’est le noeud obligatoire en compétition. L’utiliser est donc un avantage certain si vous mutez rapidement !

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Le noeud en huit est recommandé par les fédérations… et il est obligatoire en compétition.

Le partner check, la base

L’escalade n’est pas qu’un sport individuel. Cela ne vous aura pas échappé quand, à douze mètres du sol, votre compagne ou compagnon d’aventures retiendra votre chute. Mais ça, c’est grâce à une habitude toute simple à prendre : le partner check, qui permet d’éviter les erreurs en vérifiant l’ensemble du dispositif d’assurage avant de poser le pied sur la première prise. Checkez-vous l’un l’autre : le grimpeur de tête doit avoir un BAUDRIER  (ou harnais d’escalade) ajusté et bien positionné, un encordement au bon endroit et un nœud terminé et serré. L’assureur doit avoir passé la CORDE dans le bon sens de freinage, et le MOUSQUETON du frein doit être sur le pontet. Dernier check et pas des moindres : la présence d’un nœud à l’autre bout de la corde, pour éviter les conséquences d’une corde trop courte. Il suffit d’y penser.

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3 Assurer en moulinette

Pour mettre en place une corde au relais pour une moulinette, pensez à clipper les deux mousquetons du relais. Surtout, ne placez jamais deux moulinettes dans le même mousqueton de relais, sous peine de voir le frottement faire fondre les deux cordes. Évitez les moulinettes dans les gros dévers si les points ne sont pas mousquetonnés : en cas de chute vous risquez de flanquer votre pied dans le nez de l’assureur, ce qui vous en conviendrez, nuira à votre relation de cordée. La solution est simple : après la montée du grimpeur de tête, avalez la corde et grimpez encordé à l’autre bout, de cette façon vous n’avez plus qu’à démousquetonner en montant en moulinette. En tant qu’assureur, soyez attentif, et tenez toujours la corde côté freinage bien sûr.

Ne placez jamais deux moulinettes dans le même mousqueton de relais.

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4 Les bonnes méthodes pour (mieux) assurer en moulinette

Avaler ou donner du mou : derrière ce vocabulaire imagé se cachent les deux principales manœuvres de l’assureur. Il s’agit d’avaler la corde à fur et à mesure que le grimpeur monte quand il est en moulinette. Et parfois, de lui donner un peu de corde pour qu’il puisse par exemple démousquetonner un point – toujours dans une montée en moulinette. Ne placez jamais votre main sur le frein, que ce soit un REVERSO ou un GRIGRI+. Au contraire gardez un minimum d’espace entre ledit frein et la main qui compte, c’est-à-dire celle qui contrôle le freinage en amont de celui-ci. Si vous utilisez le Grigri, gardez votre main sur le brin de corde amont (opposé au grimpeur). Soyez prêt à reprendre de la corde à mesure que votre collègue survole les difficultés de la voie. Facile, il est en moulinette, lui !

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5 L’assurage en tête : soyez vigilants

Une fois les avant-bras explosés, il est plus courant de trembler à la fin d’une voie qu’au début. Et pourtant, tomber au départ d’une voie sans être assuré ou paré est à proscrire : les tapis ne garantissent pas toujours l’état de vos chevilles. Faites-vous parer par votre assureur. Celui-ci, dans les premiers mètres de la voie, ne doit pas s’éloigner du mur à plus de deux mètres. Ni donner des kilomètres de mou, qui donne au leader l’impression désagréable d’être seul au monde. La clé, c’est d’être super attentif au mouvement du grimpeur : un mouvement de plus, ce n’est pas du mou en plus. S’il monte ou s’apprête à mousquetonner, là, oui, il faut donner du mou. S’il s’apprête à tomber, stabilisez-vous en écartant les pieds, et estimez l’angle de chute possible. Ça arrive à tout le monde de tomber en début de voie, mais la vigilance permet d’éviter la chute au sol.

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6 Optimisez votre façon d’assurer en tête

Assurer un grimpeur en tête, c’est commencer par donner du mou, cela paraît simple mais il faut rester concentré, et parfois reprendre du mou, après un mousquetonnage par exemple, ou l’arrivée au relais. Ne lâchez jamais le brin amont, la main qui contrôle le freinage. Votre partenaire aux avant-bras fumants annonce son départ imminent dans les airs ? Pas de panique. Tenez fermement le brin de corde du frein – REVERSO ou GRIGRI classique– en rabattant votre main vers le sol, ce qui bloquera la chute. Si votre leader est plus lourd que vous, ou s’il risque de heurter son nez au passage d’un surplomb lors de sa chute, assurez de façon dynamique en faisant un bref saut ou un simple pas en avant. Résultat ? Un atterrissage tout confort pour le leader.

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7 Descendre, oui mais entier

Un cri libérateur vous annonce qu’enfin, après avoir bien bataillé, votre leader a attrapé le bac final de cette voie pas facile. Oui mais a t-il clippé le relais ? Parlez entre vous pour que l’un et l’autre sache quelle manip’ faire : le leader doit avoir clippé, et l’assureur peut alors le faire descendre après avoir repris le mou. Avec un Grigri, une main sert à actionner la poignée qui libère la corde, tandis que l’autre main contrôle impérativement la corde et la vitesse à laquelle celle-ci peut, ou non, filer dans le Grigri. Avec un Reverso, il est plus confortable d’utiliser ses deux mains, si possible avec des gants d’assurages, pour contrôler la vitesse de descente, surtout si votre partenaire est plus lourd que vous. Mais pas d’inquiétude : si vous sentez que vous décollez du sol, diminuez la vitesse de descente, stabilisez vous avec un pied sur le mur face à vous. Dernier détail : prenez garde à ne pas faire atterrir votre leader sur la tête des grimpeurs au sol, phénomène d’autant plus fréquent que le dévers est prononcé.

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8 L’art subtil du mousquetonnage

En tête, mousquetonner sonne parfois comme le crux d’une voie pour les débutants. Si c’est votre cas, voici quelques astuces pour progresser dans cet art délicat du mousquetonnage. Tout d’abord, mousquetonnez – ou clippez – les points à hauteur de bassin, et non pas à bout de bras. Cela évite de devoir tirer beaucoup de mou et perspective peu réjouissante, de tomber avec beaucoup de mou en cas de zipette. Stabilisez vous et visualisez le sens de mousquetonnage : une fois la dégaine clippée, la corde doit sortir du mousqueton face à vous. Pour le mousquetonnage lui-même, il y a (au moins) deux façons de faire : la première en prenant appui avec le majeur, la seconde en calant le mousqueton en entier avec votre main, la corde sur le pouce. Moins pratique pour les petites mains. Dans tous les cas, entraînez-vous à mousquetonner avec la main avec laquelle vous êtes le moins habile. Et soufflez, le relais n’est plus loin !

MOUSQUETONNEZ À HAUTEUR DE BASSIN (ET ÉVITEZ AINSI DE CHUTER AVEC LE MOU)

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9 Les erreurs à ne pas faire

Soyons justes : la créativité en la matière n’a pas de limite. Comme au volant, grimper ou répondre au téléphone, il faut choisir. De même ne grimpez pas en salle (ou ailleurs) avec votre Smartphone dans la poche, qui finira par tomber. Au palmarès des erreurs à éviter, signalons la corde faucheuse : celle qui passant derrière votre jambe vous retournera en cas de chute. Solution : surveillez vos placements et gardez la corde entre les jambes. Autre erreur à ne (surtout) pas faire : tenter d’attraper la dégaine ou la corde en cas de chute : blessure assurée. Trop confiant, des bacs plein les mains, vous sautez des points ? Voilà le genre d’erreur qui peut vous envoyer au tapis, littéralement. Dernière erreur qui arrive même aux meilleurs quand les points sont proches : prendre le mauvais brin de corde pour clipper, ce qui crée un Z fâcheux pour la suite de l’escalade. Solution : soyez attentifs à prendre la corde du bon côté.

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