Everest, Nanga Parbat, Manaslu et Cho Oyu : les tentatives en cours

L'himalayisme hivernal moderne 1/2

Acclimatation au Nanga Parbat ©Coll. David Goëttler

Quatre groupes d’alpinistes affrontent actuellement des vents violents, des masses de neige et un froid extrême sur quatre sommets de 8000 mètres de l’Himalaya. Pourtant, peu d’entre eux correspondent à la définition habituelle d’une « équipe ». Au contraire : chaque montagne est devenue le terrain de jeu d’alliances annoncées, de compétitions cachées, de stratégies variées et de motivations intérieures. Seul l’objectif final reste le même pour tous : monter sur un sommet de plus de 8000 mètres au coeur de l’hiver.

Les différentes approches et stratégies appliquées sur chaque sommet cet hiver sont un reflet précis des tendances et des styles actuels présents dans le panorama de l’himalayisme, et de la tension croissante entre eux. Il n’y a pas si longtemps, l’Himalaya était assez grand pour tout le monde et tous les styles – le style alpin, le style siège et leurs variantes – mais ces dernières années, l’encombrement croissant des voies normales et les choix de styles opposés ont montré une réalité pas si harmonieuse, dans laquelle les participants luttent pour prendre la meilleure place.

 

Sur le versant sauvage du Nanga Parbat

L’expédition la plus pure du point de vue du style suivi par ses membres, et probablement la plus excitante cet hiver, est la tentative de l’Italien Hervé Barmasse et de l’Allemand David Göttler d’escalader le Nanga Parbat par son immense versant Rupal (largement redécouvert par le public en 2005 après l’ascension des Américains Steve House et Vince Anderson, récompensés d’un Piolet d’Or, NDLR).

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