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L’ultra trail a son chef-lieu, Chamonix, et son Graal, l’UTMB. Mais chaque année, le suspense tient dans cinq lettres : m-é-t-é-o. Pourrie (assez souvent), abominable (2010 et 2012), acceptable ? Quand le ciel leur tombe sur la tête, les traileurs le vivent comme une injustice. Mais mettez vous à la place de l’orga, hein. Suite de notre feuilleton UTMB par notre trailer alpin maison, Julien Gilleron.

Il l’a désirée, rêvée et inventée. Tracée au feutre sur une carte IGN, ou courue dans sa jeunesse en off. Il y pensait puis il l’a faite. Alors aujourd’hui, il assume : l’organisateur porte un fardeau. Qu’il se nomme Poletti, Laz* ou Baudrier**, tous les directeurs de course d’ultra traînent deux épaules lourdes comme des semi, soumis qu’ils sont aux caprices de la météo. Certes, il eut été plus simple de créer un ultra du canevas, ou les 24h de l’omelette. Mais en octobre 1987, le Super Marathon du Mont Blanc s’élançait sous le soleil, non ? Un mort à la clef, entre froid et épuisement.

Toujours prévoir un plan B. Ou C.
Alors de rêveur concret, l’organisateur devient mélange de fonctions inflammables. Président contestable, politique polémique, prêtre avec accès unique au Sacré. En communication directe avec le ciel, il est de Droit Divin et consacré du droit de veto. Capable d’embraser le monde de l’ultra durant des mois pour une seule décision. Dans la gradation du blasphème, plusieurs options. 1) Retarder le départ. 2) Reporter la date. 3) Construire une trace B. 4) Réduire le parcours – attention, on touche à la Vraie Croix. 5) Annuler la chose. Le blasphème est consommé, et la bronca assurée. Mais au fait, le but ? Protéger les coureurs. Eux-mêmes. Du ciel, de la foudre et du reste.(…) La suite pour nos abonnés.

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