Une question d’équilibre

Pour bien grimper il faut avoir le sens de son équilibre, écrivait Gaston Rébuffat. Pas le sens de l’équilibre, mais le sien propre. Celui que l’on développe au fil de l’expérience, sans doute. Mais aussi celui qui vient de plus loin. Rébuffat : « Tous les enfants – de deux à six ans – grimpent aux fenêtres, aux arbres, aux murs, pour le plaisir de grimper, et pour le plaisir de découvrir, puis de voir à perte d’horizon. Si à ces deux plaisirs vient s’ajouter celui de l’amitié de la cordée, voilà l’alpinisme. Si je suis devenu guide de Chamonix c’est peut-être parce que n’a pas dépéri en moi cette envie d’espace et d’escalade dont rêvent les enfants » écrit Gaston Rébuffat. 

Guillaume Pierrel, Entreves ©JC

Remplacez le mot guide par celui d’alpiniste, et vous avez ce qui nous anime. Comme ici Guillaume Pierrel, guide à Chamonix, qui prend la pose sur la fragile lame fichée au début de la classique traversée des Aiguilles d’Entrèves. Une variante pas conseillée ? Tout dépend. De notre capacité à garder cette envie de grimper, cette envie d’espace.

Dans l’espace justement, vogue une photo similaire de Gaston Rébuffat, prise par Georges Tairraz sur l’Aiguille de Roc, photo que la NASA a placé dans la sonde Voyager en 1977 pour montrer à de possibles êtres venus d’ailleurs les plus belles réalisations humaines. Cette photo qui bien sûr m’a inspiré ce jour-là, ce cadrage sur la modeste Aiguille d’Entrèves.

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