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Il y a trois ans, Ueli Steck tombait au Nuptse. Une chute inexpliquée, seul, juste avant de partir pour l’Everest et tenter l’enchaînement avec le Lhotse (8516 m). Le Suisse incarnait un alpinisme moderne, technique, rapide, léger, souvent solitaire, toujours engagé. En 2017, il disparaît au moment où la communauté alpine et ses pairs remettent en cause certaines de ses performances. Des réalisations lumineuses jusqu’à la part d’ombre jamais élucidée, il ya tout le parcours d’un alpiniste d’exception, qu’on le veuille ou non

Ueli Steck fait partie de ces quelques alpinistes qui ne sont jamais devenus guides. Steck était charpentier aux alentours de Grindelwald et accordait une grande importance à ce métier, même s’il se professionnalisa très rapidement. Sobriété et vie montagnarde, tel était le chemin qu’il s’apprêtait à suivre. C’était sans compter sur son talent et sa motivation. En 1994, à 18 ans, le jeune Suisse gravit la face nord de l’Eiger et coche, excusez du peu, le pilier Bonatti au Dru.


Technique et sang froid

L’image de Ueli Steck est invariablement marquée du sceau de la vitesse. Pourtant, le suisse était avant tout un fin technicien, ouvreur de pointe comme lorsqu’il dessinait Young Spider (7a/A2, WI6, M7) avec Stefan Siegrist en 2011, en face nord de l’Eiger, avant d’en réaliser à la fois la première répétition, la première hivernale et la première solitaire en 2006. C’est cette technique qui lui permettait, ensuite, d’aller vite. Fin technicien mais pas un génie, ni un demi-dieu, ni une machine. Ceux qui l’ont côtoyé en falaise ou dans des voies de mixte technique ont souvent raconté à quel point le Suisse était avant tout une bête d’entraînement. Un bosseur. On est loin de l’idée de don ou de capacités inées. Pas plus qu’une machine d’ailleurs… (la suite pour les abonnés)

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