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C’est une voie majeure que les Britanniques Tom Livingstone et Matt Glenn ont réussi à gravir fin octobre dernier, lors de leur deuxième tentative et en 7 jours aller-retour : le pilier nord du Tengkangpoche (6487 m), au Népal. Convoité par de nombreux alpinistes de haut niveau depuis 20 ans, ce pilier est une combinaison d’escalade purement rocheuse, mixte et artificielle, qui peut être très délicate. Les cordées précédentes ont échoué, au mieux, dans les dernières difficultés rocheuses, sous l’arête finale menant au sommet. Livingstone et Glenn sont passés. Première des trois parties du récit exclusif de Tom, illustré des superbes images de la cordée.

2ème tentative. 5ème jour. À environ 6000 mètres sur le pilier nord du Tengkangpoche, Khumbu, Népal.

Suspendu à un seul piton devant mon nez, je regarde comment il se plie et se déforme sous mon poids. Je gratte anxieusement la neige, cherche désespérément un autre endroit pour un autre piton. La clé du mur supérieur de Tengkangpoche est là, dans cette unique fissure. Tous nos efforts jusqu’à ce moment étaient suspendus à une seule question : parviendrons-nous à franchir cette difficulté qui a repoussé les cordées précédentes ?

Un coup de vent souffle de la glace sur mes joues engourdies, me pique les yeux, fait trembler la corde. J’ai un millier de mètres de gaz sous mes pieds et la vallée est lointaine, déjà sombre – la nuit se précipite. « Bouge ! » je me crie à moi-même, essayant de maintenir un rythme. Les basses d’ « Angel », de Massive Attack, reviennent gronder dans ma tête.

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