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L’un des plus grands photographes-voyageurs, Roland Michaud, s’est éteint. Avec sa femme Sabrina, ils ont inspiré les plus grands photographes aventuriers. Épris d’une liberté sans limite, ils ont parcouru pendant six décennies l’Asie, la Perse, les hautes terres du Pamir, les plaines de l’Inde et les confins de la Chine, ils ont compris les Pachtounes quand personne ne les connaissait, marché au milieu des millions de pèlerins indiens, partagé le thé avec les Wakhis. Roland Michaud n’est plus, mais l’oeuvre photographique immense qu’il a bâti avec Sabrina demeure l’un des plus grands témoignages du XXème siècle.

n 2 chevaux, en bicyclette, à pied le plus souvent, Roland et Sabrina Michaud, photographes-aventuriers, ont exploré l’Asie pendant six décennies, appareil photo en bandoulière. Arpentant pendant des mois des régions oubliées, ils ont ciselé une oeuvre photographique d’une richesse à la hauteur du temps passé à sillonner tout le continent, de l’Afghanistan à la Chine. De leur premier livre, Caravanes de Tartarie, à leur dernier Voyage en quête de lumière aux éditions de La Martinière, Roland et Sabrina Michaud ont patiemment tissé des liens, voyagé pendant des années entières pour comprendre et transmettre la richesse de l’Orient. Âgé de 89 ans, Roland Michaud s’est éteint lundi, tandis que lui survit son épouse, la moitié de son regard, Sabrina Michaud. Ni l’un ni l’autre ne signait leurs photos autrement que de leurs deux noms. À l’automne 2015, j’ai eu la chance de rencontrer Roland et Sabrina, chez eux, à Paris. J’ai revu Roland depuis, un homme élégant d’une gentillesse rare, vêtu d’un sobre gilet indien, qui ne s’est jamais prétendu explorateur alors qu’il l’était, et même plus que cela puisque c’est le continent des hommes qu’il explorait. Je vais donc raconter son histoire, leur histoire, au présent.

À 85 ans, en 2015, Roland passait l’été à sillonner le sous-continent indien en pleine mousson. L’Inde pendant la mousson ? « La seule façon de connaître vraiment ce pays ». Sabrina et Roland Michaud ont fait partie des photographes sans compromis qui ont inspiré et inspirent encore des générations de voyageurs. « Passeurs de beauté », une étiquette qui leur va bien, ne dit pas tout de leur engagement sur un continent, de cette lente immersion dans trois cultures de l’Orient : l’Islam, l’Inde et la Chine, mais aussi la Corée, la Mongolie… « On ne peut rien faire sans prendre son temps », disent-ils. De 1965 aux années 2010, ils ont accumulé les années, l’expérience, le savoir. En baignant dans une vaste partie du patrimoine culturel mondial. Non pas voyageurs passifs, mais témoins impliqués, équipés de leur Leica. 

De leur partition à quatre mains, où tantôt l’un écrit, l’autre cherche, un équilibre est né. Celui d’un couple exceptionnel (…)

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