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Je sais

En montagne.
Je sais précieuse cette liberté d’aller où beau me semble.
Je sais comme courage, pour des difficultés choisies, est un mot déplacé.
Je sais le froid supportable, jusqu’aux doigts hurlants s’il le faut, la chaleur de mon foyer est là, toute,proche.
Je sais pouvoir faire demi-tour si la peur ou la prudence me le réclament.
Je sais aimer marcher la nuit. Le serait-ce si c’était pour me cacher de la méfiance des Hommes ?
Je sais pouvoir rire de ma saleté d’une semaine, puanteur de passage.
Je sais pouvoir errer seul et sans solitude, l’épaisseur de mes amis à portée d’inquiétude.
Je sais goûter le dépouillement, conscient de mon aisance.
Je sais que d’autres dorment dehors s’en fichant bien des étoiles. Va leur parler de clochard céleste.
Je sais que mes larmes du sommet sont plus souvent de joie que de peine.
Je sais que la plupart du temps, trois chiffres suffiront pour que l’on vienne sauver ma peau. 112.
Je sais que mon grand-père allait en montagne pour y faire la guerre et moi jouer.
Je sais qu’il n’y a combat que s’il y a ennemi.
Je sais soutenables la faim et la soif quand un festin suivra.
Je sais que partir loin de chez soi est une douceur quand s’y mêle la vraisemblance du retour.
Je sais comme notre médecine souvent apaise nos blessures.
Je sais, là-haut, malgré les croix, être protégé des croyances assassines.
Je sais que dans mon monde, des hommes

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