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Benjamin Védrines et Charles Dubouloz peuvent être heureux de leur ascension. Au Chamlang, 7319 mètres, un sommet que Védrines connaissait pour en avoir exploré un autre versant, les deux français n’auront mis que quatre jours au total pour gravir la face nord de ce sommet convoité puis redescendre par une autre voie. Une première magnifique sur un sommet convoité, à deux et en style alpin : une réussite majeure et sans bavure. Joint par téléphone à Katmandou, Charles Dubouloz nous a raconté les détails de cette aventure, sans doute l’une des plus belles ouvertures de l’année.

Il n’a pas vu de nuage durant l’expé, mais, tout juste rentré à Katmandou, Charles Dubouloz est quand même sur un petit nuage. Il y a de quoi : il rêvait d’Himalaya où il n’avait jamais posé les crampons, et après ce petit mois d’expédition avec Benjamin Védrines, les voici tous deux de retour avec en poche l’une des plus belles ascensions de l’année, dans un style communément appelé « alpin », c’est-à-dire léger, sans cordes fixes ni soutien logistique. Voici l’histoire de deux alpinistes partis légers, mais avec ce qui compte le plus en montagne, et a fortiori dans une face nord à 7000 en Himalaya : une énorme motivation. Cela ne suffit pas toujours. En l’occurence, un mental en béton, une caisse physique au-dessus du lot, et une dose de chance avec les conditions leur ont permis de réaliser leur rêve sur ce Chamlang décidément très convoité.

« Je n’étais jamais monté plus haut que le mont Blanc », explique Charles Dubouloz. « Benjamin Védrines, lui, est monté à 7240 m. sur le Chamlang en 2019 avec Nicolas Jean [par le couloir nord-est, ndlr]. Donc l’altitude était une donnée inconnue pour moi, je ne savais pas comment je réagirais ». Védrines et Jean avaient coché la face mais l’aventure, pleine et entière, avait donné visiblement envie au guide haut-alpin de revenir sur ce Chamlang. En 2019, ce sont les deux tchèques Marek Holecek et Zdenek Hak qui signaient une voie sur ce versant, non pas dans la face nord proprement dite mais dans le versant nord-ouest. Cet automne, un groupe d’alpinistes français visait à leur tour le Chamlang : Fanny Schmutz, Damien Tomasi, Aurélien Vaissière et Symon Welfringer ont jeté leur dévolu sur le pilier nord, à gauche, objets de précédentes tentatives, et la cordée Dubouloz-Védrines sur la face nord proprement dite. Leur atout ? « Le fait que Benjamin connaisse de visu la face. On avait déjà l’idée de la ligne avant de venir ! »

« Nous sommes arrivés au Népal le 23 septembre, alors que le pays s’ouvrait à nouveau. Devant les incertitudes liés à l’aérien, nous avons effectué un trajet en jeep avant d’effectuer quatre jours de trek en pleine jungle, très chouette, à condition de tolérer les sangsues.. » L’acclimatation se déroule sur les pentes aimables du Mera Peak, 6476 mètres.

Installés dans un beau camp de base avec la double cordée du pilier nord et un oeil sur un bon bout de face nord du Chamlang – platrée de neige – l’ambiance est détendue mais une question les taraude : quelles sont les conditions dans la face proprement dite ? Des paquets de neige poudreuse prêts à dégringoler ? « On espérait avoir de la neige « quick », neige dure à la limite de la glace, dans laquelle les lames rentrent facilement, et dans laquelle les traces se font sans s’enfoncer. Le seul moyen de savoir, c’était d’aller voir. » Après un jour de repos, la cordée turbo part en reconnaissance, et gravit deux longueurs histoire de se rassurer. Banco, la neige est solide, les conditions sont parfaites. Ils se lancent dans l’inconnu (…)

 

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