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Le livre Tragédie à l’Everest écrit par John Krakauer est l’un des best-sellers incontournables de la littérature alpine contemporaine. Pourtant, ce récit est resté le seul connu du grand public, le seul en tous cas traduit en France à ce sujet. Problème : Krakauer y accuse le guide Anatoli Boukreev de négligence. Au-delà de la vérité, le récit de montagne souffrerait-il lui aussi de la toute puissance américaine, celle qui étouffe les voix dissonantes, a fortiori russophones ? 

Je ne suis pas de ceux qui se jettent sur les best-sellers. Parfois, la littérature de montagne me fatigue. Aussi je n’ai découvert que récemment Tragédie à l’Everest de John Krakauer dans lequel l’auteur relate la catastrophe de 1996 et charge le guide Anatoli Boukreev pour n’avoir sauvé « que » trois clients.

C’était le début des expéditions commerciales à coup de milliers de dollars, Anatoli Boukreev aurait, paraît-il, fauté en ne prenant pas d’oxygène, se rendant par là-même moins opérationnel. Un reproche édité à des centaines de milliers d’exemplaires, diffusé à travers le monde. Lorsque la machine médiatique s’emballe, votre nom n’est plus qu’un jouet balloté au gré des diatribes. Je ne dis pas que Krakauer ment. Je dis qu’on n’entend que lui et que de manière générale, on n’écoute que l’Amérique.

 

Il ne s’agit pas ici de discuter l’affaire. En 1996, j’étais sur les bancs de l’école et je ne suis pas prêt de me hisser au col Sud de l’Everest. En revanche je connais bien l’ex-Urss et

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