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Un penchant pour le ciel

Je respire son odeur chaque jour.
Dès qu’il le veut bien, je l’observe et jamais il ne penche.
Le ciel.
Et pourtant. Lorsque je regarde les photos de montagne, de haute surtout, il penche. Le ciel. Les nuages, l’horizon, tout penche. Les montagnes aussi, Tours de Pise complices à leur insu d’un regard tordu. Pourquoi diable ce penchant ? On le devine. Pour que la pente soit encore plus pentue, pour que le vide se creuse encore, qu’il s’invente s’il le faut, pour que le vertige s’invite, étourdisse et que les spectateurs s’inclinent. Waouh !
On ne sait plus présenter la haute montagne autrement. L’a-t-on jamais su ? Il faut du raide, du rude et les strass du stress. Il faut de l’exploit, de la dureté et que nous frôle l’idée de ne pas revenir. Images et mots de la montagne se sont figés dans le registre de la difficulté et de ce que l’élément exige de vaillance. Et l’on s’étonne ensuite. On s’étonne que la montagne ne fasse pas le plein de nouveaux venus, que d’années en années, elle se démagnétise. Imaginez. Imaginez un univers qui ne serait pas le nôtre et que l’on nous présenterait par son versant âpre, par le lot de talents, de travail et de fêlures qu’il faut pour avoir le droit d’y mettre les pieds. Nous fuirions et nous aurions bien raison. La répulsion serait attractive, qui peut croire à cette Fable ? Partout, le danger et la peur effraient et l’on voudrait

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