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4 milliards de likes sur Insta, et moi et moi et moi

Ou plutôt 4,2 milliards plus précisément, de coeurs qui s’emplissent chaque jour sur Instagram, dans le monde, pour plus de 50 milliards de photos partagées depuis son lancement en 2010. 
N’en jetez plus. « Insta » nous a eu. 

L’image, voilà le coeur de cette matrice. L’image photographique bien sûr, qui est le carburant originel du réseau. Mais l’image aussi que l’on se construit, peu à peu, en racontant sa propre histoire, dans un récit auto-biographique quotidien.

La Verte et les Drus, valeurs sûres pour engranger des likes sur Instagram. ©Ulysse Lefebvre

Bien ou pas, à vous de juger. Mais alors pourquoi Insta ? « Parce qu’il est là », dirait Mallory s’il pouvait twitter. Aujourd’hui, dans une carrière « d’athlète » comme on dit, Instagram est un passage obligé de grimpeur, skieur ou apprenti explorateur. Beaucoup le critiquent, avouent les excès, la dépendance, les demandes de plus en plus fortes des sponsors qui basent l’essentiel de leur communications sur les réseaux. Mais l’écrasante majorité d’entre eux joue le jeu, bon gré mal gré. 

Prenez les noms des invités du Chamonix Film Festival où nous allons animer une conférence sur le sujet ce mercredi. Marion Haerty, Julia Virat ou encore Charles Dubouloz seront avec nous. Mais regardez aussi les comptes des dizaines d’autres participants. Tous ont quelque chose à dire sur Instagram, tous s’appuient sur le réseau pour « parler à leur communauté », quelle que soit leur génération, à leur manière. Tous sont devenus leur propre media. N’est-on jamais mieux servi que par soi-même ?

parce qu’il faut bien vivre

Parce qu’il faut bien attirer l’attention des marques pour gagner un peu d’argent, un peu de matériel.
Parce qu’il est agréable de pouvoir raconter son histoire à sa manière.
Parce que la presse ne suffit plus.
Parce qu’un hashtag ne mange pas de pain et peut rapporter (un peu).
Parce qu’avec un téléphone et une barre de 4G, on peut alimenter en temps réel le récit d’une ascension, filmer en direct sa descente à ski. Et la marque toujours vous suit.
Bref, parce qu’il faut bien vivre.

Sauf que certains s’essoufflent et sont fatigués par cette obligation de publication, cette vitrine permanente. Sans forcément avoir de solution, ils se posent des questions. 

En tant que media, Alpine Mag se les pose aussi, chaque jour, avec parfois quelques vertiges ! A quoi bon raconter une histoire déjà publiée sur un compte perso ? Comment crier au monde entier que communication n’est pas information ? Comment justifier sans cesse son propre métier ? Les frontières numériques sont tenues. 

Alors, réseaux sociaux, sponsoring, communication et information : dans quel Insta j’erre ? On essaye d’y répondre ensemble ce mercredi à 17h à la Maison des Artistes de Chamonix. 
Likez mais surtout venez ! 

 

 

PS : Ok boomer. On me dit dans l’oreillette que cet édito est un papier has-been. Aujourd’hui, c’est TikTok, le réseau chinois issu sur la danse et de la musique, qui fait marcher le monde. Et au passage, fait un peu plus du monde un marché.
D’ailleurs, pour mieux lui ressembler, Instagram vient de changer son algorithme pour le rendre plus favorable aux clips vidéo courts, live et autres reels, quitte à défavoriser les photographes et autres amateurs de photo. 
Allez ami des montagnes, il va falloir bouger ton corps devant ta camera !

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Une table ronde organisée par Alpine Mag.
En présence de Marion Haerty, Julia Virat et Charles Dubouloz. 

 

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