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Tête de casque

Edlinger, Boivin, Berhault nous ont donné l’envie de grimper. Ceints de leur seul bandeau, cheveux aux vents, ils disaient le raffinement, esthétique, quasi philosophique et mettaient le romantisme en mouvement. C’est en Chateaubriand que nous rêvions de suivre leurs pas. C’est en Caliméro que nous le faisons. La faute au casque. Parce qu’il sauve des vies, on lui passe tout à ce fichu casque notamment de se payer notre figure. Parce que les pierres tuent davantage que le ridicule, parce qu’il nous arrive de tenir plus à la vie qu’à notre allure, nous nous plions à l’injonction sécuritaire et au diktat du casque (intermède musical : prononcez ces derniers mots très rapidement quinze fois de suite, il se peut que ça se termine en tic tac ducasse). Il est surprenant d’observer comme l’enjeu de sécurité étouffe l’espoir d’esthétisme. Comme si l’ambition de protéger la vie devait nécessairement s’accompagner de l’abandon de celle du style. Les ceintures de sécurité sont monochromes, les air bag invariablement blancs et sans motifs. En montagne, où le culte du beau est partout professé, ce n’est pas mieux. Dans les BE (un bureau d’étude, c’est une pièce remplie de personnes qui ont fait de longues études et qui inventent des jouets pour que d’autres, qui n’en ont pas fait, aillent le moins souvent possible au bureau1) il y a un ingénieur spécialisé en légèreté du casque, un autre en aérodynamisme, un troisième en ergonomie mais aucun en esthétique de l’objet. Avez-vous remarqué
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