fbpx
@

En montagne, il est loin le temps du bonnet sur la tête en guise de seule protection. Désormais, tous les pratiquants ont adopté le casque. Même le skieur de randonnée, longtemps réfractaire au port du casque, s’y est mis. Montagne, ski, escalade, canyon, porter un casque et connaître son domaine d’utilisation sont de la responsabilité de chacun. Pour choisir son casque selon son activité et savoir comment l’entretenir, voici les conseils de Petzl.

Aujourd’hui, peu de montagnards, qu’ils soient grimpeurs, glaciériste ou skieur se verraient sortir sans leurs casques. « On se sent tout nus sans ça ! », « Vulnérables ! », « Juste une question d’habitude », « Parce que c’est raide et gelé » ou encore « Puisque je l’ai pris, autant le mettre tout du long plutôt que le porter pour rien sur le sac. » Chacun ses raisons pour coiffer (ou pas) son casque. Et pour cause : plus léger, mieux ventilé, plus confortable, multinorme, le casque est pour beaucoup devenu une seconde peau, un réflexe aussi bien en haute montagne qu’en falaise, grande voie ou ski de randonnée. Dans tous les cas, choisir de le porter ne peut pas nuire (contrairement à l’inverse), même s’il est préférable de savoir pourquoi on l’utilise et à quels moments il est judicieux de le porter.

 

Bien choisir son casque

Le casque fait de plus en plus partie de l’équipement indispensable à la pratique d’un sport outdoor. Il est très important de bien choisir son modèle mais également de savoir comment bien l’utiliser. À la base, un casque de ski de randonnée qui répond aux exigences du skieur-alpiniste ne sera pas forcément le même qu’un casque taillé pour l’escalade. Si une telle affirmation était vraie il y a quelques années, elle tend à se nuancer aujourd’hui avec l’apparition des casques multinormes, comme le Sirocco ou le Meteor de Petzl. Là où auparavant, un casque ne garantissait une protection optimale que sur une seule activité, ces casques sont conçus à la fois pour l’escalade, l’alpinisme et le ski de randonnée, et possèdent donc trois normes CE correspondant à trois activités différentes. On peut donc désormais avoir un casque pour tout un panel d’activité, à condition bien sûr qu’il soit adapté à sa taille et bien ajusté. Attention toutefois : ces casques multinormes ne sont pas homologués pour la pratique du ski alpin, qui possède sa propre homologation EN 1077. Légers et très ventilés, voilà le bonnet de laine remplacé par une coque de polycarbonate et de mousse EPS qui protège le crâne sans gratter. D’ailleurs, les professionnels de la montagne ne s’y trompent pas et embarquent désormais leurs casques dès qu’il y a un risque potentiel de chute de projectiles (pierre, glace), de glissades ou de tout autre incident (avalanche, crevasse…) à la montée comme à la descente.

Quel casque pour quelle(s) activitée(s) ? ©Petzl

Vivian Bruchez, guide et skieur de pente raide, explique son choix du casque en ski de rando. ©Petzl

Protéger sur tous les axes

 

Protocole de test de la technologie Top and Side Protection.© Petzl

Les casques d’escalade répondent classiquement aux normes EN 12492 et UIAA 106, garantissant une protection contre les chutes d’objets. Or, de nombreuses situations lors d’une chute personnelle peuvent conduire à des impacts sur les côtés du casque. C’est pourquoi Petzl a inventé le Top and Side Protection. Comme son nom l’indique, le Top and Side Protection est un label Petzl qui garantit la protection frontale, latérale et arrière sur les casques. Aujourd’hui, l’ensemble des casques d’escalade et d’alpinisme apportent une protection principalement sommitale et axée sur une protection contre les chutes de pierre. Pourtant, les chocs latéraux, frontaux et arrières sont tout aussi courants. Testé en lâchant un poids de 5 kg depuis 50 cm de haut sur tous les côtés du casque, ce label permet de parer à des éventualités concrètes de choc sur le terrain, que ce soit en rocher ou en glace. Le Top and Side Protection équipe désormais les gammes de casques Petzl suivants : Sirocco, Meteor, Boreo, Borea, Picchu, Boreo Caving. Et non, ça ne veut pas dire qu’on peut désormais utiliser son Sirocco pour s’asseoir dessus à la pause pique-nique !

Le casque présent à la montée aussi en ski de rando. ©Petzl

Bien entretenir son casque

Pour préserver la durée de vie d’un casque, quelques règles sont à respecter. S’asseoir sur son casque, le comprimer dans le sac, le laisser tomber ou le mettre en contact avec des objets pointus ou coupants est à éviter absolument.  De plus, vérifier régulièrement l’état de la coque permet de se faire une bonne idée de l’usure du casque en un coup d’œil : absence de fissures, de déformations à l’extérieur ou à l’intérieur. A noter que la présence d’autocollants sur le casque peut nuire à la vérification de l’absence de fissures et de déformations.

Comment vérifier l’état de votre casque ?

En plus des vérifications courantes à chaque utilisation, un EPI (Équipement de Protection Individuel) doit régulièrement subir une vérification approfondie, réalisée si possible par une personne compétente au moins une fois par an. Plus généralement, il convient de vérifier l’état extérieur de la calotte (marques, impacts, déformations,  fissures, brûlures, usure, traces de produits chimiques…). L’intérieur de la calotte doit également être passé au peigne fin, sans démonter  le calottin qui est fixé sur la coque. De même, le tour de tête et ses fixations à l’intérieur de la calotte doivent être fonctionnels (cependant, certains casques comme le METEOR ou le SIROCCO n’ont pas de tour de tête).

Réparer ou jeter son casque ? Quelques exemples. ©Petzl

Témoignage de Matthias Scherer

 » Le casque m’a sauvé de très graves blessures « 

« Le 1er janvier 2018 – comme le veut la tradition que nous avons créé avec Tanja et Heike, nous entrons dans la nouvelle année à coups de piolets et crampons sur la glace. Nous voilà partis pour grimper Repentance (250m, III WI 6) à Cogne. La ligne est très bien formée en ce début de saison. La glace est très sculptée, typique de cette période de l’année. L’escalade est assez technique: méduses en surplomb, couches fines et fragiles sur certaines sections, et de gros poignards qui pendent au-dessus de nos têtes…. c’est au tour de Heike de partir pour la première longueur. Je suis au relais pendant que Tanja filme et prend quelques photos. Comme d’habitude, nous avons installé notre relais hors de l’axe pour éviter d’être touché par la glace qui tombe du haut. Heike monte très prudemment et je la vois s’approcher de la section en surplomb. La glace est très fragile ici, comme elle l’est sur les autres lignes que j’ai grimpé dernièrement. De petits morceaux de glace tombent mais ils volent loin. Heike a terminé la section fragile, et je regarde vers le bas pour organiser les cordes, juste une seconde.

Soudain, à 15 mètres au-dessus de Heike, loin à gauche, une stalactite se détache – peut-être à cause du froid. C’est un très gros morceau de glace et je suis juste en dessous! Merde! Je ne peux pas m’échapper de l’axe de chute car je suis attaché par deux mètres de corde au relais. Alors je me faufile dans la petite tranchée que j’ai creusé et j’essaye de me faire aussi petit que possible sous mon casque. Puis l’inévitable se produit : IMPACT ! Je reçois le choc entier sur mon casque. J’entends les cloches et je vois les étoiles, mais heureusement, elles disparaissent après quelques secondes. Un morceau de glace de la taille d’un téléviseur de la génération passée vient de s’écraser sur moi. J’adore mon casque!

L’état de l’eau gelée est en constante évolution – il n’est donc jamais impossible de se faire frapper par la glace, aussi prudent et expérimenté soit-on lors d’une ascension. J’ai grimpé Repentance 46 fois sans encombres, mais il ne fait aucun doute que ce jour-là, le casque m’a sauvé de très graves blessures. »

Le casque, après impact. ©Matthias Scherer/Petzl

Les stalactites, épées de Damoclès pour les glaciéristes. ©Matthias Scherer/Petzl

Copy link