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Le rayon du culte

Je vais vous donner un bon conseil pour les semaines à venir. Commencez par pratiquer la prière, la résilience, appelez cela comme vous voulez, et usez de votre rayon de culte. Puisqu’ au lieu de 10 km, vous avez droit, pour exaucer vos prières de liberté, à trois fois plus, soit 30 km. Ce qui est décevant dans ce nouveau confinement, ce n’est pas de voir certains trouver toutes les manières de tortiller pour déroger à la nouvelle règle des 10 km. Ce n’est pas de voir des gens se vanter d’être à moins de dix kilomètres des montagnes en inondant les réseaux de leurs balades – quoi que ça, c’est vraiment salaud.*

L’alpiniste met ses pieds là où le Président l’a décidé. ©JC

Non, ce qui décevant dans cette affaire du « rayon des dix kilomètres », le cratère le plus récent dans nos libertés individuelles, c’est l’acceptation : forcément, dix kilomètres, c’est dix fois plus qu’au printemps dernier. Mais deux fois moins qu’en novembre, vous aviez déjà oublié : c’était alors 20 kms (et trois heures) : un kilomètre, la laisse était trop courte, avait-on fini par comprendre en haut-lieu. Aujourd’hui, c’est dix bornes seulement, mais un lot de dérogations, le fait d’avoir des enfants à faire garder constituant le nec plus ultra de la bonne excuse.. (c’est ma petite contribution à la natalité en berne !) Ce qui est décevant, c’est de voir que le culte de l’obéissance a un beau rayon devant lui. C’est de voir une fois encore la majorité se soumettre à des règles ubuesques tout en imaginant le maximum pour pouvoir les contourner.

On s’est trompé de fédération !

La semaine dernière, beaucoup de lecteurs à la suite de notre poisson d’avril ont inondé la FFCAM (et sans doute la FFME) d’appels, espérant que leur licence leur permettrait dérogation (cent kilomètres avais-je prétendu). Ami lecteur, nous nous sommes vraisemblablement trompés de fédération. Car depuis vendredi, vous pouvez prendre votre licence à la FFF (la fédération de toutes les fédérations) pour prétendre taper dans le ballon à l’autre bout du département. C’est bien connu, au foot on est toujours à plus de deux mètres. Ça marche même pour le ballon ovale !

Le fondement de la démocratie, c’est de garantir la liberté de déplacement. Pourquoi ? Parce que l’accès à la montagne, la mer, la nature, le mouvement lui-même, ne devrait pas être soumis dans ce pays à notre adresse postale, celle de notre naissance, ou conditionnée par le travail, la plupart du temps.

Les montagnes ne bougent pas. Les libertés, si. Il serait temps de s’en occuper.

* les titres d’édito auxquels vous avez échappé :

Liberté, égalité, skiabilité.

Travail, santé, rallonge.

Cultaclik (©UL)

Absurdistan, le retour !

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