Eiger Extrême, le livre Compétition et drame en face nord

En 1966, une compétition acharnée entre deux équipes d’alpinistes pour gravir une directissime à l’Eiger va tourner au drame. L’un des leaders, John Harlin, va perdre la vie lors de cette ascension qui dura cinq semaines. Si elle use alors de tactiques himalayennes et de techniques rudimentaires, elle préfigure certaines dérives médiatiques et égotistes. Le livre-somme des Gillman, témoins de la première heure, raconte par le menu cette histoire surréaliste. Un triomphe et une tragédie provoquée par la volonté d’user de tous les moyens pour gravir une montagne, fut-ce au prix du bon sens, ou d’une vie humaine.

L’Eiger est sans doute la montagne la plus célèbre d’Europe, avec le mont Blanc et le Cervin. Mais à la différence du Toit et du Toblerone des Alpes, la montagne qui domine les vertes vallées de l’Oberland tient sa réputation de sinistre origine : sa face nord haute de 1600 mètres, qui a décimé nombre de prétendants avant sa première ascensions en 1938. Ce n’est donc pas l’esthétique du sommet, ou son altitude, inférieure à 4000 mètres, qui ont valu à l’Eiger sa célébrité mais bien le tombereau de cadavres que la difficulté de la face, sa propension à recueillir les dépressions météorologiques et bien sûr l’égo des alpinistes ont provoqué. Après-guerre, le défi n’était plus de réussir la première, mais d’en faire la première hivernale, qui fut l’oeuvre de la cordée de Toni Hiebeler en 1961. Peter et Leni Gillman rappellent à cette occasion qu’alors, la capitale de l’alpinisme, au sens culturel, n’est pas Chamonix, Zermatt ou Cortina, mais Trente. Et c’est là que se rencontrent les protagonistes de la directissime de l’Eiger.

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