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Il a grimpé avec les plus grands. Il a dialogué avec les puissants. En montagne comme en politique, Pierre Mazeaud a laissé son empreinte. Indélébile comme l’amitié, celle qu’il a partagé entre Paris, Chamonix ou l’Everest. Rencontre avec Monsieur Mazeaud, dans le IVème arrondissement parisien, chez lui, ses murs couverts de cartes postales des Dolomites. Envoyées par les copains, bien sûr.

Ses amis sont tout pour lui. En politique, à droite comme à gauche. Français, italiens et allemands en montagne. Des frères plus que des amis. Anderl Heckmair lui a donné l’habitude de fumer des Toscanello, Toni Kinshofer l’idée de grimper, avant tout le monde, avec des crampons à pointes avant. René Desmaison lui a donné le goût des surplombs des Dolomites, Jacques Chirac la tête du Conseil Constitutionnel – pour lui faire fermer sa gueule, dira t-il. Walter Bonatti lui sauvé la vie, seul français survivant de la tragédie du Frêney : dernier et plus haut pilier du versant himalayen du mont Blanc, dont la tempête abominable tuera un par un quatre des sept alpinistes, dont trois français – mais pas Mazeaud. Jeune anarchiste athée devenu député gaulliste, juriste renommé, Pierre Mazeaud a fréquenté les plus hautes cimes : premier français à l’Everest en 78, troisième personnage de l’État en tant que président du Conseil Constitutionnel (2004-2007). Marié deux fois, père de quatre enfants, il a grimpé avec les meilleurs, de René Desmaison à Walter Bonatti, de Lucien Bérardini à John Harlin. Cigare au bec à dix heures

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