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David Roberts s’est éteint. Écrivain, l’américain David Roberts est connu en France pour avoir cassé le mythe Herzog dans un livre paru en 1999, où il révélait comment Lachenal avait payé le prix fort pour l’Annapurna et pour son silence. Roberts avait récemment cosigné le livre-confession d’Alex Honnold. Auteur de premières et de bigwall en Alaska, David Roberts était un alpiniste reconnu, devenu historien et romancier de la littérature de montagne et d’exploration. Dans l’hommage que nous publions ici, l’explorateur Damien Gildea raconte l’homme derrière l’écrivain.

Je pourrais écrire que le célèbre grimpeur et auteur américain David Roberts a « enfin franchi la dernière frontière et explore l’au-delà« , après être décédé d’un cancer, mais David aurait détesté cela. Il n’aimait pas les euphémismes et les histoires à l’eau de rose. Roberts était grincheux, obsessionnel et exigeant, trop sec ou traditionnel pour certains, mais un trésor pour beaucoup. Nous nous entendions bien. Il y a quelques années, Dave a plaisanté en ligne en disant qu’il était « impitoyable« , et il l’a été jusqu’à la fin. Il y a tout juste un mois, le fan de David que je suis s’est gonflé d’une fierté stupide en recevant un e-mail de sa part commençant par « Damien, si quelqu’un peut répondre à cette question, c’est bien toi… » alors qu’il poursuivait encore une autre grande aventure potentielle.

Les gens me demandent parfois pourquoi je n’écris pas davantage sur l’escalade et je réponds généralement par quelque chose d’insignifiant, mais la vérité est que j’ai envie de dire : « Parce que David Roberts l’a déjà écrit« . Ses premiers livres, Deborah : A Wilderness Narrative et The Mountain of My Fear sont des chefs-d’oeuvre du rayon littérature de montagne, deux des premiers livres de ma collection, ce qui m’a fait espérer que tous les livres d’escalade pouvaient être aussi bons. Ce n’est pas le cas – et David a également écrit à ce sujet, il y a des années, dénonçant la connerie ennuyeuse et stéréotypée de la plupart des livres d’expédition, avec leurs omissions flatteuses et leurs demi-vérités autoproclamées. Il adorait une bonne controverse, qu’il s’agisse du pôle Nord, du Cerro Torre ou des injustices perçues lors des premières ascensions de l’Annapurna et du K2. Il nous a montré, à moi et à d’autres, qu’il valait la peine de s’intéresser à ces histoires cachées. Que même dans une activité aussi inutile que l’escalade, la vérité compte. (…)

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