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Ces drames qui enseignent l’histoire et les limites du secours en montagne

Depuis la tragédie de Vincendon et Henry sur les flancs du mont Blanc, des répliques toutes aussi cruelles ont alimenté l’histoire du secours en montagne. Commandants successifs du Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne de Chamonix, Blaise Agresti et Jean-Baptiste Estachy portent un regard éclairant sur ces secours qui ont marqué nos dernières décennies.

Y aurait-il un spectre Vincendon et Henry sur les plus hauts sommets du massif du Mont-Blanc ? Certains le pensent. Parmi eux, Blaise Agresti et Jean-Baptiste Estachy, deux officiers de la gendarmerie qui se sont succédés aux commandes du PGHM de Chamonix : le premier de 1998 à 2002, le second de 2010 à 2015.

Si les secours qui plaident pour cette théorie – qui finit mal – sont tristement célèbres, leurs tenants et aboutissants ont des points communs. Moments marquants de l’histoire du secours dans le massif du Mont-Blanc, il est instructif de les revisiter avec le recul du temps pour s’en convaincre.

Vincendon et Henry, la tragédie fondatrice du secours en montagne français. Ici le rapatriement des corps à Chamonix, en mars 1957.

Vincendon et Henry, le secours infernal

Noël 1956. Deux cordées surprises par la tempête bivouaquent à plus de 4000 mètres d’altitude, sous le col de la Brenva dans le raide versant Est du mont Blanc. L’Italien Walter Bonatti, qui deux ans plus tôt survivait à un bivouac à plus de 8000 mètres au K2, est avec son client Silvano Gheser. Cent mètres plus bas, plus lents que les Italiens

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