Un espresso à la mer #5

Deux secondes, c’est pour l’installation. Pour le rangement, ils disent combien ?
Nève et Jibé plièrent leur tente. Il était venu le temps du dernier jour d’exploration. C’est de temps justement dont il fût, dès le réveil, allègrement question.
– Il fait encore grand beau aujourd’hui Jibé !
– Ça semble être une habitude ici non ?
C’est vrai qu’il fait toujours beau. Ici. Dans le Sud. L’été à la mer est très bien pensé. Il dure. Une moitié d’année au bas mot. Chaque soir, invariablement, Nathalie Rihouet nous le rappelle, « si vous voulez goûter au soleil, c’est dans le pourtour méditerranéen qu’il faudra aller le chercher, seule région à résister… » gnia gnia gnia. Si ce n’est elle, c’est un cousin – on a tous un cousin qui habite au sud de Valence – qui jugera essentiel de nous préciser qu’il a mangé dehors, en tee-shirt, un 3 mars ou un 27 octobre. En montagne, allez savoir pourquoi, nous avons réduit l’été à une courte fenêtre. De mi-juillet à mi-août les bons crus. Un fenestron. Dans les Alpes, personne n’a fait fortune en commerçant du mobilier de jardin. Mais Nève et Jibé ont révisé les préceptes tibétains, ils savent que de toute faiblesse apparente, une force est à extraire.
– J’y pense…ton cousin de Sète qui fait des barbecues à Noël, il mange dehors l’été ?
– Bah non. Trop chaud. Et puis, ça l’intéresse moins.
– Pourquoi ?
– Parce qu’il n’est plus le seul à

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