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En Haute-Ariège le choix est vaste en matière de lacs d’altitude. On vous a déniché plusieurs objectifs de choix dans la vallée d’Orlu, au départ d’Ax-les-Termes. Les lacs se nomment étangs, comme les étangs d’en Beys, ou ici, les étangs des Peyrisses, à 2227 et 2355 m. d’altitude. Les randonneurs plus expérimentés – ou les adeptes du trail – viseront la très belle boucle suivante : Naguilhes, Peyrisses, col d’en Beys, étangs d’en Beys. Ou, comme nous l’avons fait, dans l’autre sens. 

Ax-les-Termes : ses bains, son festival Explos, ses montagnes. Pas si proches : il faut s’enfoncer dans la vallée d’Orlu pour goûter le coeur des Pyrénées ariégeoises, quitter ses très vertes vallées pour toucher ses montagnes de gneiss ou de granit. Les étangs (lacs) des Peyrisses se nichent au pied du Pic d’Esquine d’Ase, un sommet important qui sépare la vallée d’Orlu (celle de l’Oriège) de la vallée de l’Ariège qui conduit en Andorre. Pour atteindre ces étangs des Peyrisses, la randonnée classique consiste à partir des Forges d’Orlu, avant-dernier parking de la vallée d’Orlu. Avec pour premier objectif le lac de Naguilhes.

Étang de Naguilhes

Le long du ruisseau d’Eychouzé, une longue montée, heureusement abritée dans la forêt, vous attend pour atteindre le barrage de Naguilhes, qui alimente la centrale d’Orlu. Naguilhes est un étang « surélevé » qui existait avant la construction de plusieurs barrages, dont celui actuel, dans les années cinquante. Si l’ouvrage de béton rebute les yeux quand on y parvient au bout de deux heures (voire trois heures) de marche, il s’oublie rapidement quand on suit le rapide sentier qui en fait le détour en rive gauche. On passe en chemin diverses installations qui retrace la longue présence des hommes dans ce secteur, présence due à l’hydroélectricité mais aussi aux mines exploitées au XIXème siècle. Au bout du lac on poursuit au sud le long du ruisseau des Peyrisses. L’ambiance devient étonnante, avec cet altiplano pyrénéen qui se dévoile petit à petit : des bosses de granit poncées par les anciens glacier. Une sierra verdoyante, où le temps s’étire, et les distances sont trompeuses.

Le barrage du lac des Naguilhes, au nord du lac. ©JC

Le beau lac des Naguilhes, vue du sud. ©JC

Les étangs des Peyrisses

Ils se méritent. Ou plutôt il se mérite, car nous nous sommes arrêtés à l’étang inférieur des Peyrisses, situé à 2227 m. d’altitude dans un cirque majestueux au pied du Pic d’Esquine d’Ase. Dans le cirque supérieur se cache le deuxième étang des Peyrisse, 2355 m. Les lieux pourraient vous rappeler les montagnes corses ou les sierras de Californie, mais non : ce sont les Pyrénées et leur beauté sauvage, solennelle sous les nuages, fantastique sous le soleil. Alors c’est une longue journée, un lac qui se mérite. Mais il y a moyen de faire encore mieux, pour à peine plus long : une boucle par l’étang et le refuge d’en-Beys. On vous explique.

Depuis la Couillade (col) d’en Beys, panorama sur l’étang des Peyrisses inférieur. L’étang supérieur se niche dans le cirque sous le Pic d’Esquine d’Ase, 2706 m, au fond à gauche. ©JC

La boucle d’en Beys à Peyrisses

Nous avons choisi de partir du Fanguil, dernier parking de la vallée d’Orlu, pour remonter l’Oriège jusqu’à l’étang d’en Beys et le refuge du même nom. De là, poursuivre via l’étang de la Couillade jusqu’à la col (couillade) d’en Beys à 2345 m. De là le regard embrasse le versant des Peyrisses et l’étang du même nom. Une longue descente nous a conduit jusqu’à l’étang des Naguilhes, puis la longue descente raide jusqu’aux forges d’Orlu. De là en stop ou navette pour remonter au véhicule. L’avantage de cette boucle réalisée en sens horaire est d’avoir un point de départ situé plus haut en altitude, 1136 m au lieu de 912 m. Surtout, la montée le long de l’Oriège est bien plus agréable que la montée le long de l’Eychouzé. Une belle boucle d’une bonne quizaine de kilomètres pour 1200 mètres de dénivelé. Dans l’autre sens (anti-horaire), ajouter 200 m de dénivelé. Ce qui, vu la distance, commence à faire beaucoup. C’est pourquoi, si vous en avez la possibilité, passer une nuit au refuge d’en Beys vous permettra de profiter pleinement, sur deux jours, de ces hautes vallées d’Orlu, spectaculairement belles.

Vallée d’Orlu. ©JC

En réalisant la grande boucle par l’étang d’en Beys, ici l’étang de la Couillade. ©JC

Massif des Pyrénées, Ariège, Vallée d’Orlu, étangs de Naguilhes et des Peyrisses.

 

Accès 
Au départ d’Ax-les-Termes, suivre la petite route de la vallée de l’Oriège jusqu’aux Forges d’Orlu. 912 m.

Itinéraire(s)
Du parking traverser l’Oriège, petit plat puis rude montée dans le Coume des Gnioles : presque mille mètres de D+ jusqu’au barrage. Suivre la rive gauche de l’étang de Naguilhes jusqu’au bout de celui-ci (passerelle). Suivre le sentier parfois mal marqué le long du ruisseau des Peyrisses. Quand le sentier continue à monter, vers 2250 m, le quitter pour atteindre l’étang (inférieur) des Peyrisses, 2227 m. Une sente rive gauche vous permettra éventuellement de monter à l’étang du haut. Retour par le même itinéraire. Dénivelé : 1300 m. Horaire : 7 à 8h.

Boucle d’en-Beys aux Peyrisses
Comme expliqué ci-dessus, nous avons effectué la boucle dans le sens horaire, au départ du Fanguil (terminus d’Orlu). Monter au refuge d’en Beys et aux étangs du même nom. Passer l’étang de la Couillade, et atteindre la Couillade (col) d’en Beys, 2345 m. Basculer versant Peyrisses, passer à proximiter de l’étang des Peyrisses puis suivre le ruisseau des Peyrisses jusqu’au lac de Naguilhes et son barrage. De là, descente encore longue jusqu’aux forges d’Orlu. Prévoir navette ou véhicule pour celui resté au Fanguil. Dénivelé : 1200 m. Horaire : 8h.

Refuge d’en Beys
Toutes les infos sur le site du refuge.

Infos
Le site de la Vallée d’Orlu

Étangs d’en Beys, le topo Alpine Mag

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