L’Être Débrayable

L’autre jour je lisais Sagan. Ça fait chic. Avec mon meilleur souvenir. Elle disait que celui qui n’avait jamais aimé la vitesse n’avait jamais aimé. Elle parlait des voitures pour mieux dire la vie. Dans ses mots, aller vite rejoignait le bonheur.
La vitesse, il est vrai, semble passionner les foules. Baissez-la à 80 km/h sur les routes, le peuple s’indignera ; refusez une barque d’étrangers hagards et meurtris sur vos côtes, ce rien glissera sur sa conscience.
Puis j’ai lu Kundera. Ça fait bon genre. Il disait qu’on avait perdu le goût de l’instant et que, fascinés par l’empressement, nous avions tout oublié. La vitesse puait l’oubli quand ralentir transcendait la mémoire. L’éloge de La lenteur était sa lutte.
Alors j’ai fermé les livres, j’ai regardé les gens autour et j’ai retrouvé ces deux bornes.
Il y a, d’un côté, les partisans de la très grande vitesse.

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