Le mont Blanc mesuré à 4 807,47 mètres : pourquoi son altitude varie-t-elle autant ?

Le mont Blanc n’a jamais tout à fait la même altitude. Mesuré à 4 810,90 mètres en 2007, puis à seulement 4 805,59 mètres en 2023, il culmine aujourd’hui à 4 807,47 mètres, soit 3,43 mètres sous son record de 2007. En septembre dernier, une équipe de géomètres-experts est retournée au sommet pour mesurer et modéliser les variations d’épaisseur de sa calotte de neige et de glace.

 

C

omme tous les deux ans (puis tous les ans) depuis 2001, les géomètres-experts de Haute-Savoie ont préparé leurs instruments de mesure pour aller déterminer l’altitude exacte du plus haut sommet d’Europe. Des mesures récurrentes qui déterminent une altitude du mont Blanc et modélisent sa calotte glaciaire.

Au fil des années, le matériel technique s’est amélioré et a permis de travailler avec de plus en plus de précision. Ainsi, outils de mesures et de positionnement en temps réel, drones et autre matériel de montagne ont été embarqués du 15 au 17 septembre 2026 pour une nouvelle expédition. 10 heures d’ascension attendaient les 33 participants répartis en 10 cordées : des géomètres-experts, des guides de haute montagne, des scientifiques, des partenaires techniques et des photographes pour venir à bout de cette nouvelle campagne.

Au refuge ©Pascal Tournaire

©Pascal Tournaire

Les Bosses ©Pascal Tournaire

©Pascal Tournaire

Une technologie toujours plus précise

Après une météo un peu capricieuse, « le rendez-vous avec le sommet a finalement été fixé au jeudi 17 septembre, au lever du jour », indique le communiqué de presse. Puis, pendant plus de deux heures, les équipes ont effectué leurs divers relevés.

Car la mesure repose aujourd’hui sur plusieurs technologies complémentaires : le Global Navigation Satellite System (GNSS) détermine la position des points mesurés avec une très grande précision. La photogrammétrie par drone permet de compléter ces observations. « Plus de 1 300 images ont ainsi été capturées et géoréférencées afin de reconstituer la géométrie de la calotte sommitale. Leur traitement permet d’obtenir un modèle tridimensionnel composé de plus de 15 millions de points. »

En addition à ces données, un géoradar a sondé la calotte glaciaire pour mesurer son épaisseur et la géométrie du substratum rocheux sous-jacent.

 La nouvelle altitude du mont blanc
se situe autour de 4807,47 mètres

Les mesures du mont Blanc, année après année. ©www.4810.info

©Pascal Tournaire

©Pascal Tournaire

©Pascal Tournaire

Depuis 2001, donc, les résultats varient plus ou moins fortement. La valeur la plus élevée de la série a été enregistrée à 4810,90 mètres en 2007. En 2023, le sommet atteignait les 4805,59 mètres (mesure la plus basse enregistrée jusqu’à présent), soit plus de cinq mètres d’écart avec la mesure de 2007.

Pour autant, dire que le mont Blanc « grandit » ou « rétrécit » serait réducteur. Ce que les experts mesurent à la surface du sommet est la calotte de glace et de neige qui recouvre le relief rocheux. Une calotte soumise à des phénomènes variables : vent, transport et redistribution de la neige, ensoleillement, conditions météorologiques… 

Avec son été particulièrement sec, qu’est-ce que l’année 2026 réserve comme surprise ? Le mont Blanc a-t-il poursuivi son évolution à la baisse ? Ou la calotte a-t-elle retrouvé une épaisseur permettant au sommet de revenir à sa valeur historique ? La nouvelle altitude se situe autour de 4807,47 mètres. « Ce qui se rapproche de la valeur historique obtenue par les cousins Vallot à la fin du XIXème siècle », commentent les experts.