Après avoir gravi libéré la Bonatti au Grand Capucin à l’été 1983, David Chambre poursuit son parcours de grimpeur devenu professionnel. S’ouvre alors une nouvelle ère pour l’escalade libre, avec ses stars, ses compétitions, ses nouvelles règles, ses solos et ses disparitions trop rapides aussi. Acteur de cette époque insouciante, David se souvient de la folie des eighties.
J’ai toujours pensé que l’alpinisme se jouait entre prudence et audace. Un grimpeur prudent mettra toutes les chances de son côté pour rester vivant. Mais sans audace, il ne fera jamais rien de marquant. En ce sens, Éric Escoffier m’impressionnait autant par son manque évident de prudence que par son audace flamboyante, celle qui permet de rentrer dans l’histoire.
Il y a plus d’un siècle, le légendaire Autrichien Paul Preuss incarnait ce double état, résumé par un mot : le Schneid. Avoir du Schneid, c’était littéralement être affûté,
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