Interview trail : Mais qui est vraiment Iris Pessey ?

Du trail au biathlon, des Aravis au mont Blanc, Iris Pessey trace sa route avec une curiosité et une énergie peu communes. À 34 ans, la traileuse et coach de l’équipe britannique de biathlon collectionne les podiums et les records, tout en revendiquant une approche de la montagne plus libre que strictement tournée vers la performance. Quelques semaines après son record au mont Blanc, elle nous raconte ses envies, ses doutes et ce qui l’anime encore. Une rencontre réalisée avec le soutien de Therm-ic, dont Iris est athlète et dont elle porte les chaussettes techniques sur ses sorties et ses records.

En tapant sur notre clavier « Iris Pessey » dans la barre de recherche Internet, on tombe rapidement sur les listes de ses courses. Du trail, du skyrunning, des podiums et des records (en 2024 à la pointe Percée dans les Aravis, en 2026 au mont Blanc), un statut de coach de l’équipe de Grande-Bretagne de biathlon… À 34 ans, avec sa plume dans les cheveux et sa motivation débordante, Iris Pessey est l’une des figures de la montagne actuelle.

Il y a quelques semaines, ses posts Instagram habituels de photographies de trail ou, dernièrement, de record(s) du mont Blanc, ont laissé place à d’autres paysages : ceux du Pérou. Un moyen de prendre l’air et de découvrir d’autres montagnes pour la fondeuse et traileuse. Comme un besoin de se ressourcer après un printemps très chargé. Discussion avec une athlète la tête sur les épaules mais des rêves en pagaille.

Où es-tu et qu’y fais-tu ? 

Iris Pessey : Je suis au Pérou ! J’ai été invitée par la région pendant une semaine, je pars deux semaines en vadrouille, avec une copine pour faire du trek quelques jours puis seule vers le Machu Picchu, faire du parapente, profiter. Et passer du temps dans un orphelinat.

De quoi faire redescendre le stress de ton printemps en France…

I.P. : Je n’avais pas trop prévu le printemps comme ça, je pensais avoir plus de temps entre le record du mont Blanc et les 90 km du Mont-Blanc. C’est vrai que j’ai vachement (vachement) enchaîné. Et du coup, ça fait du bien de couper du monde de la compétition et compagnie (sic).

Iris Pessey et son FKT à la Pointe Percée. ©Adrien Colleur

Comment vas-tu après ta 11ème place au trail et tes deux records ? Tu t’es fait mal au pouce sur la course, en plus…

I.P. : Oui, c’est un peu chiant avec le pouce pété. Enfin la radio ne montre pas de fracture mais dans l’état dans lequel c’est, je me pose la question. C’est au minimum une grosse entorse. Je retournerai chez le médecin à mon retour en France. Bon, je ne fais rien pour me guérir non plus… Je fais le choix de vivre et de pas faire les choses parfaitement, mais d’être heureue ! C’est un peu moi.

Autrement, je n’ai pas trop réussi à me reposer encore, j’ai voulu profiter donc je suis montée quasiment tous les jours entre 4500 et 5000 mètres d’altitude au Pérou. Et puis le lendemain du 90 km, j’ai emmené mes petites soeurs faire du parapente à l’aiguille du Midi pour leur anniversaire alors que j’avais dormi quelque chose comme 3 heures. Ensuite j’ai pris l’avion, il a été bloqué à une escale… Enfin j’ai enchaîné quoi, même si c’était plus d’une coupure mentale que physique dont j’avais besoin. 

Iris au départ de l’église de Chamonix vers le mont Blanc. ©Adrien Colleur

j’avais besoin
d’une coupure mentale
plutôt que physique

C’est ce qui t’anime tout de même de faire du trail en compet, d’aller chercher des records, non ?

I.P. : Oui ! Ce sont les retombées médiatiques après le record qui m’ont épuisée. J’avais l’impression que faire du sport était facile et que tout ce qu’il y a autour n’est pas forcément aisé à gérer. Je ne m’attendais pas à ce que le record sur le mont Blanc prenne autant d’ampleur.

C’était une expérience un peu mitigée alors ?

I.P. : Non, c’était cool. C’est juste que je n’avais pas anticipé ça. Ce ne sont pas des vrais problèmes, il faut aussi souligner ça. C’est simplement que je pensais faire ce record puis ensuite me concentrer sur le 90km. Et en fait, c’est passé extrêmement vite, je n’ai pas eu le temps de réfléchir.

D’ailleurs, pourquoi avoir jeté ton dévolu sur le massif du Mont-Blanc alors que tes montagnes préférées sont les Aravis ?

I.P. : Dans les Aravis, j’ai fait la pointe Percée… Et pour ce record au mont Blanc, c’est une idée qu’on a eue à deux, il y a plusieurs années, avec Mathieu Maynadier. On voulait faire ça entre nous. Il pensait que je pouvais prendre le record et je lui disais de se calmer ! Ça fait deux ou trois ans que j’attends qu’on soit tous les deux disponibles et qu’il y ait les bonnes conditions pour.

La fenêtre méto est tombée fin juin alors qu’on voulait faire ça plus tôt. Mais je suis contente qu’on ait pu le faire tous les deux, avec plein de gens qui se sont greffés au projet petit à petit.

Ça t’a donné d’autres idées de records ? 

I.P. : Oui, et des idées, j’en ai toujours plein. Mais je ne me projette pas tout de suite sur un nouveau record. Des idées, des envies, j’en ai. Mais rien de planifié. 

Pourquoi t’es-tu orientée vers le trail et le biathlon (Iris est coach de l’équipe de Grande-Bretagne de biathlon, NDLR) plutôt que guide de haute montagne ou un tout autre métier ? 

I.P. : Adolescente, je faisais du biathlon, du ski de fond. Je me suis mise au trail un peu plus tard mais j’ai toujours couru, j’ai toujours fait des KV (kilomètre vertical) pour l’entraînement au ski de fond. J’ai fait mes études aux États-Unis, dans une région où il n’y a pas vraiment de grosses montagnes, puis j’ai vécu quatre ans en Australie, donc aussi limité niveau haute montagne. J’aimais aller en montagne quand je rentrais à la maison mais sinon j’avais mon travail dans le milieu du coaching, dans le ski de fond et c’était comme ça. 

Mais j’aimerais faire la formation d’AMM (accompagnateur/rice en moyenne montagne) et arrêter le coaching.

La chaussette du FKT

THERM-IC OUTDOOR LIGHT CREW 

C’est la chaussette qu’avait aux pieds Iris Pessey pour son FKT au mont Blanc. Rien que ça. La Therm-ic Outdoor Light Crew Women n’a pourtant rien d’un char d’assaut : avec sa construction mesh ultralégère, ses canaux d’évacuation et sa composition majoritairement synthétique, elle est surtout conçue pour garder les pieds au sec et au frais quand ça chauffe.

La semelle SoleFlow Buffer renforce et amortit talon et avant-pied, tandis que la construction anatomique pied gauche/pied droit soigne le confort. Et avec le Zerocuff, pas de rebord qui vient frotter et faire souffrir le pied.

Bref, une chaussette légère, respirante et à séchage rapide, taillée pour la randonnée active… mais qui, manifestement, ne rechigne pas à prendre quelques raccourcis vers le sommet du mont Blanc.

20,95 € la paire

©Therm-ic

Parce que tu as envie d’être plus dans la passation que dans la performance ? 

I.P. : Oui. Je préfère vraiment partager le côté montagne, environnement que vraiment la performance. Et je me rends compte que dans mon métier, je suis surtout à conduire le bus, gérer la logistique,… plus que transmettre à mes athlètes. C’est une toute petit fédération donc je fais un peu tout et j’ai l’impression de me perdre là-dedans.

Et puis je pense qu’à plus long temps, si je veux un jour fonder une famille, ce métier va avoir ses limites parce que je pars de novembre à mars. Je ne rentre pas chez moi de l’hiver, et ça commence à bien me manquer. Ce métier a un véritable impact sur ma vie personnelle.

J’aimerais faire la formation AMM
et arrêter le coaching

©Adrien Colleur

Qui ou qu’est-ce qui t’inspire dans le milieu de la montagne ? 

I.P. : Mémé (Mathieu Maynadier, NDLR) m’inspire beaucoup. Je trouve qu’il est authentique, qu’il aime vraiment la montagne et ne le fait pas pour l’exposition médiatique. Et je trouve que le trail est trop médiatisé maintenant. J’ai du mal avec cette ambiguïté de… Je sais que c’est important de capitaliser sur tes records et tes performances, mais d’un autre côté, je n’ai pas envie d’être influenceuse.

Là, par exemple, je suis au Pérou parce qu’on m’a invitée donc pourquoi je dirais non ? J’ai toujours rêvé d’aller là-bas, j’en profite ensuite pour faire deux semaines dans la nature… Je sais : c’est un paradoxe conscient. Mais il y en a certains qui s’en sortent bien à ce niveau-là, comme Mathieu.

ce métier a un véritable impact sur ma vie personnelle

Compliqué donc de conjuguer ton amour de la montagne et du sport et cette professionnalisation de la pratique…

I.P. : Oui, je comprends que ça fonctionne comme ça mais je trouve ça compliqué. C’est le jeu et ce sont des ajustements à faire. Ma réflexion vient aussi du fait qu’on est beaucoup mis en avant comme athlètes de haut niveau dans le trail mais en parallèle je vois combien c’est compliqué d’y arriver dans le monde du ski de fond et du biathlon.

À la montée au mont Blanc. ©Adrien Colleur

Iris exulte à l’arrivée à Chamonix. ©Adrien Colleur

Sur une autre note, j’ai vu que tu avais contribué à l’ouvrage Purée magique avec des recettes de traileurs. On y découvre ta passion pour la citrouille. Tu nous en dis plus ?

I.P. : Je ne sais pas pourquoi, mais j’adore. Quand j’étais aux USA et en Australie, je ne mangeais que ça, mais en France, pas tellement. Je ne pourrais pas l’expliquer (rires). Ce n’est pas du tout un truc que j’ai par exemple sur les courses ou pour des journées en montagne mais quand j’ai des invités et que je ne sais pas quoi faire à manger, je fais de la citrouille. Je me dis que ça change. Mais je pense qu’ils se disent « à chaque fois qu’on va chez Iris, on bouffe de la citrouille, j’en ai marre » (rires). 

Je tourne un peu la page du skyrunning

Qu’est-ce qui t’attend pour la suite, sportivement parlant ? Question difficile mais je la pose quand même.

I.P. : Mon entraîneur vient de me la poser donc je suis en capacité de te répondre, tu as de la chance ! Fin août, je ne serai pas avec un dossard pour l’UTMB mais je vais aller à Kima (course italienne de skyrunning créée par Kilian Jornet), c’est une course qui m’a toujours faire rêver et je n’avais jamais eu l’opportunité d’y aller.

Sur le long terme, j’aimerais vraiment faire le Grand Raid de l’île de la Réunion. Cette année, je n’ai pas de dossard donc c’est réglé. 

De quoi te préparer pour les prochaines éditions. Ce n’est pas la fin de ta carrière, si ?

I.P. : Non ! Mais je tourne un peu la page du skyrunning par exemple. J’aimerais me mettre au long, mais je n’ai pas encore trouvé les clés de ces distances. Au 90km du Mont-Blanc, j’ai eu des bonnes sensations. Trop bonnes même, je pense. On m’a tellement dit d’aller doucement que je suis allée doucement. Je me suis dit « arrête d’être prétentieuse et respecte un peu la distance » et puis j’avais un peu peur de cette distance mais j’ai vraiment randonné.

Tant mieux parce que ça ne m’a pas dégoutée de la distance et puis qui sait : j’aurais pu partir plus vite et j’aurais explosé en route ! On verra sur les prochaines.

À l’arrivée du marathon du mont Blanc. ©Alanis Duc/Scott Sport

Pour finir : tu es athlète Therm-Ic, marque de chaussettes techniques. C’est un élément important pour courir, les chaussettes… Lesquelles utilises-tu ? Comment les choisis-tu ?

I.P. : Les années précédentes, j’ai eu des gros soucis de pieds. Depuis que j’utilise les Therm-Ic, je sens bien que ça va mieux. Pour le record du mont Blanc par exemple, j’ai changé de chaussettes quand j’ai enfilé les chaussures d’alpi : c’est un luxe, un confort, et ça permet d’avoir à nouveau les pieds au sec ! 

Pour le 90 km, j’ai aussi changé une fois de chaussettes. J’aime bien les hautes, je trouve qu’elles procurent une protection au niveau des tibias. Même si, du coup, j’ai des vieilles marques de bronzage (rires). 

Mes chaussettes préférées de la marque, ce sont les Outdoor Light Crew. J’aime le maintien et le textile utilisé. Je n’ai ni ampoule, ni échauffement comparé aux chaussettes synthétiques que j’utilisais avant.