Je suis toujours taraudé par l’inutilité apparente de l’alpinisme. Dans un monde en déroute où la quête de sens est quotidienne, le constat est brutal. Paradoxalement, c’est un drame personnel qui m’a laissé y percevoir quelques lueurs. Si je rechigne habituellement à employer la première personne, cette fois quelques notes d’intimité se sont imposées à ce récit d’expédition. Au mont Logan, au Yukon, j’ai hurlé ma peine aux vents et tissé le deuil au fil des crevasses. L’histoire que je ramène ne peut l’éluder. La voici en quatre épisodes.