Vitrines teintées

C’est habituel au retour des montagnes.
À la fois, tout nous glisse dessus. Nous avons pris notre dose d’échappée alors une sagesse de traîne nous souffle de ne pas nous agacer pour ce qui finalement n’en vaut pas la peine, un feu trop rouge, un con trop con.
À la fois, on trouve que la vie d’en bas n’est pas tout à fait à la hauteur. Un peu trop de ci, pas assez de ça. C’est en bas souvent les vertiges.
Ça dure un temps et les équilibres se refont.
Là, le ferment du trouble, ce sont les autos. Séverine, Loïc et Paul se sont affalés à la terrasse du troquet, le barda de grimpe lâché au sol, les yeux rivés sur un monde qu’ils ont quitté une seule nuit mais qu’ils reconnaissent mal. Ils ne comprennent pas qu’il y en ait tant de voitures, qu’elles soient si grosses, si chères et si essentielles à la vie des gens. Là-haut, un rien suffisait. Sev dit que ces fameux gens ont perdu le sens des priorités, que la sienne lui semble moins futile.
– La tienne de voiture ?
– La mienne de priorité. La montagne.
Paul lui rappelle que sa priorité d’allure frugale n’est pas donnée non plus. Alors Loïc qui aime les chiffres, convertit le prix d’une Audi A6 en cordes, piolets, broches et autres ornements d’alpiniste.
– Ça fait beaucoup de saisons mais pas tant que ça.
Le problème n’est pas là dit Paul. Paul aime bien

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