@

Février 1993. Claude Gardien est dans un pays tout neuf, sorti des affres de l’URSS. L’Ukraine est libre, et ses amis ukrainiens l’emmènent visiter son point culminant, le Goverla, situé à plus de 2000 mètres d’altitude. Sans doute ne le saviez-vous pas, de même que l’on ne sait guère de l’Ukraine seulement les images terribles qui nous parviennent depuis février dernier.

F évrier 1993. Un autre temps, un autre monde.

Loin de chez nous, au sommet du Goverla (1), le vent souffle fort. Il y a des jours qu’il ne lâche rien.

Pas un mot ne passe, les rafales emportent tout : le souffle et la voix.

Goverla ? Qu’est-ce que c’est pour une montagne ? Un « seven summit », pour peu qu’on étende le concept à un nombre plus élevé : le point culminant de l’Ukraine. Dans les Carpathes, dans l’est de l’Ukraine, un peu au nord de la Roumanie… À 2019 mètres, il règne sur un massif de montagnes arrondies, vastes, sauvages, où en VTT on se fait courser par les loups en redoutant la traversée du chemin par une famille d’ours.

Qu’est-ce qu’on faisait là ? Invités par Viktor Grichtchenko, notre ami de Kiev, alpiniste de haut niveau, champion d’URSS d’alpinisme sur glace, titre conquis de haute volée lors d’une première au Caucase, ou au Pamir, je ne me souviens plus. L’important, pour lui, c’était de nous montrer le sommet le plus élevé de son pays qui venait d’accéder à une indépendance toute neuve. L’Ukraine,

Copy link