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Ni voyou ni mauviette

Il est un costume qu’aiment endosser certains alpinistes. Pas tous. Celui du loubard.
Déguisement devrait-on dire car hors des Lois, il ne le sont pas vraiment. Ils y jouent. Rien de grave. Qu’ils y croient est plus troublant.
Ce type d’alpiniste bascule sans effort dans la rhétorique du délinquant : vaurien, sale gamin, truand, chenapan et autres fantasmes en grand banditisme. Relisez les biographies, rares sont celles sans cours de maths séchés, sans Fraises Tagada, cordes ou bières chapardées, sans œil au beurre noir et sans la 205 empruntée aux vieux, pas de permis bien sûr et à tombeau ouvert. De gentillettes transgressions comme l’ont commises la majorité des jeunes gens curieux des limites sauf qu’il arrive à l’alpiniste de les surligner à vie et à l’envi. La confusion entre prise de risque en montagne et délit ne date pas d’hier sauf qu’aujourd’hui, elle résonne davantage : notre génération est plus docile que les anciens d’où la tentation de forcer le trait de la canaille. La caste des alpinistes est souvent bien dotée, bien élevée, propre sur elle ; certains, l’oublient et jouent aux sales types. De bons gars qui singent les mauvais garçons, à maudire la maréchaussée et à sauter dans les bras du PG quand tourne le vent. Ils manient l’imparfait du subjonctif mieux que le colt cobra mais se vivent et se rêvent en Tony Montana. Montana…montagne, Scarface…face nord, il se pourrait qu’on ait trouvé le nœud du forban.
Il existe pourtant une différence fondamentale entre

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