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Je ne sais pas vous, mais dans ma bibliothèque, je n’ai jamais réussi à séparer les livres de montagne et ceux consacrés à la mer.
À tous les étages, Moitessier joue des coudes avec Terray ; Shackleton se réchauffe au soleil d’Edlinger ; Tabarly partage son silence avec Berhault.
Partout il y des hauts fonds ou d’immenses faces, des murs d’eau ou de roc. Partout l’horizon demeure insaisissable, qu’il soit crénelé ou courbe, et la glace s’invite dans tous les sillages. Au grand dam des classifications thématiques ou alphabétiques. Dans chacun des ces ouvrages, récit himalayen ou épopée océanique, ceux qui s’embarquent dans leur périple ont une vague idée de leur destination mais cherchent secrètement l’imprévu. Quoi de plus déterminé qu’un alpiniste face à un rappel coincé à récupérer ? Quoi de plus réchauffé qu’un marin prêt à plonger pour démêler un filet pris dans la quille ?

 Le Festival international du film et du livre d’aventure de La Rochelle a ajouté un mot à son nom cette année. Un mot qui fait tourner les têtes, au moins. L’air de rien. Ce mot c’est « «livre ». Ivre avec un L. Comme si l’on ne le verrait pas. Filous !

les gens de l’Atlantique ont jugé bon de remettre le papier
au cœur du schmilblick

Au milieu d’une programmation cinématographique gargantuesque durant toute cette semaine de festival au pied de l’Atlantique, les gens de l’océan ont jugé bon de remettre l’écriture au cœur du schmilblick. Des auteurs, des rencontres, des dédicaces, une immense librairie de l’aventure…. Gourmandises de papier. Et c’est un « journaliste web » qui le dit. Si si.
Heureux parce qu’on ne s’affranchira jamais des récits que l’on feuillette, page après page, corne après corne, annotation après annotation. Mais surtout parce que, comme souvent, on se trompe à opposer les mondes, en parlant d’ancien et de nouveau, d’hier et de demain. Non. Aujourd’hui nous regardons des films et nous lisons des livres. Mieux : ils nous arrive de regarder des livres et de lire des films, ceux que leurs auteurs ont scrupuleusement écrit, caméra-plume à la main. Parfois, des succès numériques se transforment même en succès de librairie. On en parlera à la Rochelle, entre autres avec Cédric Sapin-Defour et ses Espresso du lundi.
Et voilà qu’Alpine Mag s’engouffre à nouveau dans cette apparente contradiction, en animant des rencontres littéraires (des livres donc) dans un festival traversé d’embruns (loin des montagnes donc). Décloisonnons ! Que c’est bon. Meilleur encore qu’une douzaine d’huitres arrosées de Colombard et de Sauvignon.

D’ailleurs, en plongeant le nez dans un vieux livre (dont la source fut trouvée sur Internet), intitulé Dictionnaire étymologique des noms de rivières et de montagne (par Dauzat, Deslandes et Rostaing) on vérifie à nouveau que les noms ont une signification. Selon ces trois érudits, Charente signifierait : « la rivière qui vient des montagnes ». Ce qui nous amène à Charente-Maritime : la rivière qui vient des montagnes de la mer.
CQFD.

Rendez-vous à La Rochelle avec Alpine Mag pour quelques rencontres littéraires animées par Ulysse Lefebvre, salle Eider de l’Espace Encan : 

vendredi 15 novembre, 10h : Cédric Sapin-Defour pour Espresso et Les sept vies de François Damilano.
vendedi 15 novembre, 11h30 : Hubert Campigli « Chanouga » pour Narcisse.
samedi 16 novembre, 11h30 : Jenifer Lesieur pour Tu marcheras dans le soleil.
dimanche 17 novembre, 11h30 : Serge Fino pour Seul au monde.

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