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Les cueilleurs d’horizon

Après un été à courir les montagnes des Alpes, il arrive aux alpinistes d’avoir une envie de mer.
Que l’univers autour varie.
L’océan a leur préférence, il va à leur goût de l’indompté. Il offre une nature d’humeur changeante jusqu’à se déchaîner, rendant l’homme tout petit dedans, ça ressemble juste comme il faut aux peurs précieuses de la montagne. Là-bas, bonheur supplémentaire, on peut glisser sur des planches qui rappellent celles de notre hiver, qui aussi l’appellent.
Alors ils transhument de l’Est vers l’Ouest.
Ils prennent le temps de ce déplacement, l’été a été voué à s’agiter, il est urgent de ralentir jusqu’à s’alanguir. Mais ne pas fermer les yeux. Ils regardent autour et ils apprécient. Aller vers l’ouest, c’est connaître trois chocs esthétiques.
Le premier est celui de notre chance. Notre chance d’habiter cette France dont la diversité dit la beauté. L’Auvergne est belle, les pays de Loire sont beaux différemment, ailleurs aussi. Quand d’autres pays n’ont que leur monotonie à offrir, aussi gracieuse soit-elle, la France comble notre appétit de variété, notre goût du métissage. Ça interroge ce besoin d’aller au bout du monde pour faire le même constat du joli que notre curiosité détruit. Qu’y a-t-il de plus là-bas hormis le voyage ? Là, on traverse le pays, cela suffit. On prend garde de ne pas dire chez nous, deux mots perméables à la haine mais il n’empêche, chez nous, c’est vraiment beau. Sillonnant la France, on se dit qu’on pourrait habiter là ou là,

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