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Cesare Maestri est mort ce 19 janvier, à l’âge vénérable de 91 ans. S’il a longtemps clamé la première ascension du Cerro Torre en 1959, où son compagnon de cordée Toni Egger trouva la mort, sa parole fut vite mise en doute au point qu’il retourna au Cerro Torre faire une « deuxième » première ascension, qui, bien que réelle, fut source de polémique quant au moyen utilisé, un perforateur. Grimpeur visionnaire, solitaire surdoué des Dolomites, mais falsificateur de l’histoire de l’alpinisme, Cesare Maestri n’a jamais dit la vérité sur la mort de son compagnon.

Jusqu’où aller pour prouver au reste du monde qu’on a raison, que son ego est supérieur, même plus haut qu’une pointe de granite futuriste comme le Cerro Torre ? La réponse de Cesare Maestri, onze ans après sa pseudo première, fut d’un calibre délirant : faire une « autre » première du Cerro Torre, au moyen d’un perforateur alimenté par un compresseur à essence, en 1970. Sa voie n’aboutissait même pas au véritable sommet du Torre, mais qu’importe les critiques : la voie du Compresseur fut (très) courtisée, des années 90 aux années 2000.

Il est d’ailleurs singulier qu’un alpiniste dont l’ascension est mise en cause se propose de faire à nouveau une deuxième fois le sommet dont on en veut lui retirer la première ascension. Faire taire les jaloux, les anglais, les tatillons, au prix du hissage absolument dantesque, sur 800 mètres de paroi, d’un compresseur de 180 kilos. Si Maestri n’a jamais pu prouver son ascension de 1959, il a depuis été prouvé que cette ascension n’a pas, n’a jamais abouti comme il l’a prétendu. Et que le Cerro Torre de 1959 est l’un des plus grands mensonges de l’histoire alpine – alors que cette ascension fut, à son époque, couverte de gloire. (…)

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