Le 26 janvier 2006, au cœur de l’hiver himalayen, Jean-Christophe Lafaille disparaissait sur les pentes du Makalu. Il y a vingt ans, l’alpinisme français perdait son petit prince de l’engagement. Retour sur la trajectoire d’un grimpeur surdoué, rescapé de l’Annapurna et visionnaire du style alpin, qui a marqué toute une génération avant d’être avalé par son dernier grand rêve.
C’était un matin de janvier, de ceux où le vent jet stream déchire les crêtes à plus de 100 km/h. Dans la solitude glacée du Makalu (8 485 m), Jean-Christophe Lafaille tentait l’impossible : la première ascension hivernale en solitaire de ce géant himalayen. À six heures du matin, il appelait sa femme, Katia. Il se sentait bien, il visait le sommet. Puis, le silence. Un silence absolu, lourd, qui dure depuis deux décennies.
Vingt ans après, le vide laissé par le grimpeur de Gap reste immense. Non seulement parce
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