Dans L’héritage Samivel, la petite fille de l’artiste, Luce Gayet, part sur les traces d’un héritage à la fois artistique et militant. En revenant sur le parcours de Paul Gayet-Tancrède, plus connu sous le nom de Samivel, ce documentaire nous plonge dans les archives de Samivel, et dans les paysages qui ont nourri l’imaginaire de l’artiste.
Co-réalisé par Christophe Raylat et Sophie Cuenot, le film prolonge le livre écrit par cette autrice très attachée au parcours de cet artiste engagé. Il sera projeté au Chamonix film festival et diffusé prochainement sur France 3. L’occasion de (re)découvrir ses multiples créations et d’écouter son message, encore et toujours plus d’actualité.
On ne peut pas dissocier les arts de la culture,
de la nature et de l’environnement
Au sein de la Cinémathèque de montagne de Gap, Luce découvre les pellicules que son grand-père Samivel lui avait offertes lorsqu’elle était enfant : des films du Groenland, des images d’animaux de montagne et des séquences d’alpinisme. Ces archives, longtemps oubliées et encore jamais regardées, deviennent ici des témoins de l’histoire. Elles montrent Samivel comme un artiste curieux du monde, un grand amateur du septième art soucieux de la nature menacée : « On ne peut pas dissocier les arts de la culture, de la nature et de l’environnement » rappelle Luce.
Le film montre aussi les différents engagements de Samivel. Par exemple, quand il devient membre de Mountain Wilderness, l’association qu’il rejoint pour défendre les cimes contre le sur-aménagement. Son combat contre la marchandisation de la montagne résonne particulièrement aujourd’hui. La pression touristique et les projets d’aménagement rappellent l’actualité de son message : préserver la montagne, et ne pas la voir comme un produit.
le peintre des cimes n’a cessé de s’opposer aux « entrepreneurs de spectacles naturels »
Dans ce film, on rencontre l’écrivain Sylvain Tesson qui souligne la place de l’émerveillement en montagne, et des émotions qu’elle procure : « Samivel a donné sa signature à la montagne ». Si Samivel, tout autant que Sylvain Tesson ou que Lauriane Miara, célèbrent tant les cimes, c’est pour mieux les préserver. Tout au long de sa vie, le peintre n’a cessé de s’opposer au tourisme de masse, et à ceux qu’il appelait « les entrepreneurs de spectacles naturels ».
©Samivel.
L’illustratrice Lauriane Miara vient accompagner Luce sur les traces de Samivel. Celle ci évoque la modernité du regard de l’artiste, rappelant que l’esquisse était pour lui une manière de saisir le mouvement du monde, et de le dénoncer. Et si ces deux artistes peignent les cimes à l’aquarelle, Lauriane ne découvre Samivel que sur le tard, lorsque pour la première fois, elle entendit « on dirait du Samivel [ses travaux]) ». Deux aquarellistes passionnés sont réunis en ce film : deux générations d’artistes différentes, mais toujours soucieux de la protection des espaces naturels.
L’héritage Samivel est une invitation à penser et repenser notre rapport à la nature. C’est aussi une ode à l’art, à sa place et à sa puissance dans l’éveil des désirs de protection et de transmission. Aujourd’hui, c’est au tour de sa petite fille Luce de transmettre. À travers ce film, on nous invite à (re)découvrir la montagne avec les yeux de Samivel, c’est-à-dire avec respect.
Rendez-vous au Chamonix Film Festival 2026, pour voir le film.



