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Bernard Giraudeau a écrit de lui qu’ « il est aussi élégant en amitié que sur les parois du monde ». Moitié de la mythique cordée qu’il formait avec Lucien Bérardini, Robert Paragot est décédé le 24 octobre. Lui qui a dirigé la FFME n’était pas un alpiniste de salon : auteur des premières de la face sud de l’Aconcagua, de l’arête est de la Tour de Muztagh, de la face nord du Huascaran et du formidable Jannu, il fut aussi l’artisan de la réussite au pilier ouest du Makalu avant de devenir le parrain de l’alpinisme français. Portrait d’une pure lumière du rocher ne dédaignant ni la glace, ni les bivouacs, ni, surtout, les bons compagnons de cordée.

Chamonix, 1950. Une bande de parisiens fauchés emménage dans un champ transformé en camping à moitié toléré par les voisins. Ils n’ont jamais rien grimpé d’autre que les blocs de Fontainebleau, des « cailloux bons à récurer les fonds de casserole », selon l’expression fort condescendante du guide Armand Charlet. Pourtant, la bande ne commence pas par la Petite Fourche ou l’Index. Ce sera Grépon-Mer-de-Glace (sans toutefois aller jusqu’au sommet), et la face Est du Moine en guise de premières courses. Avec leur matériel rudimentaire, Robert Paragot, Olivier Ulrich etPierre Lesueur se lancent dans leur troisième course chamoniarde, rien de moins que la face nord des Drus, ouverte par le Vieux, alias Pierre Allain, le maître de Fontainebleau. Comme Robert et sa biographe Sophie Cuenot le racontent dans Paris camp de base*, Robert Paragot va même donner un coup de main au client du guide suisse qui les devance dans la face nord de Drus. Guide qui manque de tomber à la renverse quand, revenu au bivouac avec les gamins parisiens, il apprend que le Dru est leur troisième course en haute-montagne (…)

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