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Treks en Himalaya

Rencontres au ciné

Cette semaine, Alpine Mag vibre au rythme du cinéma. À l’occasion des 20e Rencontres Ciné montagne de Grenoble, toute la rédaction sera sur le pont pour vous faire découvrir les meilleurs films du moment et profiter de l’ambiance particulière de cinq jours sur grand écran. Mais d’ailleurs, de quoi parle t-on vraiment ? Ce matin, nous avons demandé à Cédric Sapin-Defour d’infuser un peu de ce festival dans son café. Histoire de mettre un peu de pop-corn dans notre Espresso.

Les Rencontres sont joueuses.
Elles jouent avec le temps.
On ne les croise qu’une semaine par an mais c’est bien au-delà qu’elles agissent. Elles ont cette force de la rémanence.
Au début, il y a le manque et l’impatience de l’automne ; aux premiers frimas, on le sait, on le sent, on les voit venir au loin. Novembre. Celles et ceux qui ne les connaissent pas encore, entendent ce murmure dans la ville et plus loin, partout où la curiosité l’emporte, ils ne tardent pas à comprendre que Les Rencontres leur sont grandes ouvertes.
Puis c’est le moment. Cinq soirs comme autant d’inspirations. Intenses, fugaces. De ces minutes qui bousculent. Chaque soir un thème qui pourrait suffire à notre plaisir mais nous sommes gourmands et nous revenons le lendemain. Des bonheurs de spécialistes, des enthousiasmes de profanes, il y en a pour tout le monde, populaire n’est pas un gros mot. On jongle de la verticalité la plus extrême aux étendues les plus douces, de la terre au ciel, de l’air à l’eau et toujours  l’évasion. Les acteurs créateurs sont là, sur scène, pour nous conter leur itinérance, ils ont accepté de se mettre un instant en pause et semblent aussi heureux que nous ; c’est aussi cela l’aventure, le partage et le bonheur d’être ensemble.
Et là, la magie opère : l’élan.

tous les voyageurs du monde se sont inspirés un jour du récit des autres
et se sont mis en route

Personne ne quitte ces soirées sans fourmis dans les jambes, sans rêve de grand air, sans une furieuse envie d’aller grimper, voler, courir le Monde, chacun à sa manière, chacun à sa mesure, l’important est que ça nous ressemble. Goûter à l’horizon. Dès lors, l’énergie ne nous quitte plus et nous porte le temps qu’il faut. Nos projets les plus enfouis ont trouvé leur déclencheur, que certains aient osé. Alors on ose, tous les voyageurs du monde se sont inspirés un jour du récit des autres et se sont mis en route. C’est cela que nous offrent Les Rencontres, elles nous rechargent de l’essentiel : le mouvement. Et si ce n’est pas cette fois-ci, ce sera pour la prochaine, le plus dur a été fait : le premier pas, celui de l’envie. Chacun, chacune se souvient d’un instant précis, d’un film, d’une parole, d’une émotion qu’il a ressentis un de ces soirs là et qui a marqué durablement la suite de son histoire. Il peut vous dire quelle était l’année, quel jour, à quelle place il était assis. Moi, c’était un samedi, le 15 novembre 2014, vers 21H, c’était Ueli Steck qui parlait de la mort et surtout de l’impérieuse nécessité d’honorer la vie. Ses  mots ne m’ont plus quitté.
Puis, si le souffle retombe, si on se surprend à ne plus regarder au loin, les voilà de nouveau, juste à temps. Novembre. Et l’on repart pour un tour. Allègrement. Vingt ans qu’il œuvre ce balancier, vingt ans qu’il attise et autorise les envies les plus folles. Il est là le pouvoir des Rencontres, au-delà d’une semaine, c’est bien toute notre vie qu’elles remuent et émerveillent.
Alors merci aux entremetteurs, ces faiseurs de rencontre, ces ouvreurs de rêve.