@

Je dois bien avouer que c’est surtout leur verticalité qui m’a poussé à venir voir ces aiguilles d’Ansabère. Avec leur profil dolomitique et pour cause, elles sont faites de dolomie, la Grande et la Petite aiguilles sont nichées au fond de la vallée d’Aspe, en Pyrénées, derrière le village de Lescun. Une fois sur place, il faut y prendre son temps, bivouaquer, pour les redécouvrir au matin, aiguilles en feu donnant le cap aux grimpeurs encore endormis.

En quittant la tente posée à proximité des cabanes d’Ansabère, et en commençant doucement la marche d’approche dans les pâturages, la verticalité des aiguilles est de plus en plus prégnante. Je repense alors à la discussion de la veille, avec Christian Ravier. A la terrasse d’un bistrot d’Oloron-Sainte-Marie, à l’entrée de la vallée d’Aspe, ce guide expert des lieux me conseillait la voie Montaner-Vincente. Alors que j’émettais des doutes sur les capacités de notre cordée à se lancer dans un tel projet, il attisait ma curiosité en me vantant la beauté de ces aiguilles qu’il connait si bien. Il relativisait le pas clé de la voie. On en oubliait même de parler de la descente…

A 17h passé, nous décidions de tenter le coup. Et ce matin, alors qu’en approchant « la paroi déjà vertical qui se raidissait encore », je me demande si l’on n’a pas oublié quelque chose. Le mal des rimayes est un mal de pierrier aujourd’hui. On se sent patauds en apercevant les isards qui bondissent avec

Copy link