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86 jours sur une glace mouvante, un piège sans cesse renouvelé. Presque trois mois dont les trois quarts sans lumière. Pôle noir, nuit noire, eau noire, froid, humidité, sel : la traversée du pôle nord réussie par Mike Horn et Borge Ousland a été inhumaine. C’est un exploit. Une aventure où la survie des deux explorateurs n’a été qu’une question de choix, mètre après mètre, dans l’adversité. En se serrant les coudes, ils ont survécu. Et sont revenus au monde, pour raconter la dévastation du pôle nord, où il tombe de la neige fondue en plein novembre.

Ils l’ont fait. La traversée du pôle nord sans assistance. Plus de mille kilomètres à travers le chaos. À travers la nuit. Ce ne fut pas une expédition difficile. Ce fut « l’expédition la plus difficile de sa carrière », dixit Mike Horn. Les deux hommes ne manquaient pas d’expérience. Ils furent les premiers, et les seuls, en 2006, à atteindre le pôle nord en hiver. En 2017, Mike Horn traversa, seul, l’Antarctique. Et pourtant : les meilleurs explorateurs polaires actuels ont failli y rester. Presque trois mois sur les glaces du pôle noir. Dans la nuit noire depuis plus d’un mois. Les pieds qui s’enfoncent dans un mélange d’eau salée et de glace. Un traîneau qui se fend. Les glaces qui dérivent dans le mauvais sens, annihilant leurs efforts. Les tempêtes. Le vent qui arrache la tente. Des rations de nourriture en chute libre. Ils ont été sauvés, rejoints in extremis par deux skieurs norvégiens et un brise-glace. Mais ils l’ont fait : la traversée du pôle nord. Récit de ces 86 jours de cauchemar.

Le pôle noir

Après une navigation sans histoires, malgré un faux départ en raison de problèmes mécaniques, Mike Horn, Borge Ousland quittaient les rives de l’Alaska mi-septembre à bord de Pangaea, le bateau de Mike Horn. Le 25 septembre, les deux explorateurs faisaient leurs adieux à l’équipage de Pangaea, et débutaient leur périple. Mike Horn rêvait de ce moment depuis qu’il a fini sa traversée de l’Antarctique par le pôle Sud en février 2017. Ce qu’il ne sait pas à ce moment-là, c’est qu’il s’engage avec Borge dans ce que lui nomme lui-même « l’expédition la plus difficile de sa carrière ». Deux jours plus tard, son premier post fait mention d’une glace « mince et fragile », qui oblige les deux skieurs à être extrêmement vigilants. Contrairement à l’Antarctique, qui est un continent, l’Arctique est un océan, dont la banquise est morcelée et de plus en plus chaotique à mesure que l’on s’éloigne du pôle. Rien de simple donc, d’autant que les traîneaux au départ de l’aventure pèsent 180 kg répartis en deux traîneaux chacun.

Aux pôles, les intersaisons sont aussi courtes que l’été. Le 14 octobre, Mike Horn et Borge Ousland profitent du dernier jour de présence du soleil. Dès le lendemain, ils s’enfoncent dans une nuit qui s’étale chaque jour un peu plus. Quelques semaines plus tard, les deux hommes évolueront en permanence dans une nuit complète, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Nul doute que c’est là l’un des plus grands défis qu’ont affronté Mike et Borge.

(…) La suite pour les abonnés.

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