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On a retrouvé Marc Batard. Il est rentré avant-hier en France, après sa tentative à l’Everest. Marc Batard voulait marquer les esprits en gravissant l’Everest sans oxygène l’âge de 70 ans. Et en profiter pour équiper une nouvelle voie d’accès au sommet privilégiant la sécurité. Marc Batard a perdu la motivation, mais pas son mordant. Interview à chaud d’un himalayiste qui ne mâche pas ses mots.

«Au lieu de me casser la tête contre les murs, j’ai préféré partir. » La voix de Marc Batard, au téléphone, laisse pointer sa grande déception. Et sa tristesse, surtout. Celle de ne pas avoir pu mener à bien le projet qui lui tenait le plus à coeur – et pour lequel, finalement, gravir l’Everest à 70 ans aurait pu faire figure de prétexte. Ce projet, c’est celui de tracer, et d’équiper, un cheminement sur l’éperon rocheux à droite de la fameuse Ice-Fall de l’Everest, passage dangereux de la voie normale, sous les séracs, qui a déjà causé nombre de morts. La voie normale de l’Everest, empruntée par « des nombrilistes qui se prennent pour des héros ». Comprenez, avec oxygène en bouteille.

Tout avait pourtant bien commencé. Comme il nous l’avait raconté chez lui avant son départ, Marc Batard était très motivé par cette nouvelle expédition à l’Everest, lui qui est le détenteur du record de l’ascension en moins de 24 heures sans oxygène en 1988. Que s’est-il passé ? « J’ai perdu la motivation », explique Marc Batard. «

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