Lionel Terray (1921-1965), soixante ans après

Il y a soixante ans, le 19 septembre 1965, disparaît au Gerbier, haute paroi du Vercors, l’un des plus grands alpinistes français, Lionel Terray. Conquérant de l’inutile, tel qu’il a titré son autobiographie, Terray a réussi les premières des sommets les plus difficiles : Fitz Roy, Makalu, Jannu… Aujourd’hui, Lionel Terray demeure le synonyme d’un alpinisme extraordinairement brillant et culotté, et qui n’a pas fait l’économie d’une réflexion sur son sens. 

Ll est tombé il y a soixante ans, dans le Vercors. Avec son compagnon de cordée Marc Martinetti, Lionel Terray venait de gravir la Fissure en Arc de Cercle, une voie difficile de la face Est du Gerbier. La cordée a vraisemblablement chuté dans la toute dernière partie de la voie, glissant dans une section facile mais traître de la paroi. L’un des plus grands alpinistes français disparait brutalement, à la grande stupeur de ses contemporains.

Lionel Terray (1921-1965) demeure l’une des figures les plus marquantes de l’alpinisme du XXᵉ siècle. Guide chamoniard, compagnon d’expéditions mythiques aux côtés de Louis Lachenal, Maurice Herzog ou encore Gaston Rébuffat, il s’illustre par un talent et une audace qui le conduisent sur les plus hauts sommets de la planète. Terray appartient à cette génération de pionniers de l’après-guerre qui ont repoussé les limites de l’alpinisme, des Alpes à l’Himalaya.

S’il a marqué son époque, c’est autant par ses exploits que par la manière dont il les a racontés. Son ouvrage Les Conquérants de l’inutile (1961) est devenu un texte fondateur de la littérature de montagne. À travers un récit vibrant et lucide, Terray y exprime les paradoxes de l’alpinisme : la grandeur des premières arrachées aux sommets, mais aussi fragilité de la vie et prix à payer, parfois. Loin de l’héroïsme, Terray impose une voix singulière qui continue de toucher des générations de lecteurs.

Soixante ans après sa mort dans le Vercors, la carrière et l’œuvre de Lionel Terray résonnent toujours. Elles témoignent d’une époque où l’exploration des cimes était synonyme d’aventure absolue, mais elles éclairent aussi la quête intemporelle de sens face à l’inutile. Terray a ainsi su transformer une vie d’ascensions en héritage littéraire et spirituel.

En trois épisodes sur Alpine Mag, découvrez la vie et l’héritage de cet alpiniste extraordinaire.

Lionel Terray, la jeunesse

De Lionel Terray, Roger Frison-Roche disait qu’il était un « géant de la montagne mais surtout un géant de l’amitié ». Mais pour devenir ce colosse aux pieds agiles et au grand cœur, le jeune Lionel a dû contourner bien des obstacles. Né à Grenoble en 1921, le jeune Lionel est fougueux, et n’aime guère l’école. Retour sur la jeunesse mouvementée de Terray, premier épisode de notre série Lionel Terray.

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La liste de Lionel Terray, du Fitz Roy au Makalu

Il se rêvait alpiniste dès son plus jeune âge, mais n’imaginait certainement pas fouler des sommets aussi lointains. Né en 1921 à Grenoble, Lionel Terray a écumé l’Himalaya, les Andes et même l’Alaska, jusqu’à son décès accidentel en 1965. Des expéditions au cours desquelles il s’illustre par sa force, sa tenacité et sa fidélité envers ses compagnons de cordée. À commencer par Lachenal et Rébuffat, ses « classards », qui vivent avec lui la douloureuse victoire sur l’Annapurna en 1950. Terray l’explorateur des cimes, deuxième épisode de notre série.

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L’héritage de Lionel Terray

Quelques jours avant ses quarante ans, en 1961, Lionel Terray met le point final à son autobiographie, Les Conquérants de l’inutile. Un titre qui frappe tellement les esprits qu’il devient une définition de l’alpinisme largement partagée. Par ce livre, par ses conférences, ses films, par son engagement sur la question du secours également, Terray a marqué les consciences et insufflé la passion de l’alpinisme à toute une génération. L’héritage de Lionel Terray, dernier épisode de notre série avec les témoignages de François Damilano et Lionel Daudet.

LIRE LE 3E ÉPISODE