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L’héritage de Lionel Terray, avec François Damilano et Lionel Daudet 100 ans de Lionel Terray 3/3

Quelques jours avant ses quarante ans, en 1961, Lionel Terray met le point final à son autobiographie, Les Conquérants de l’inutile. Un titre qui frappe tellement les esprits qu’il devient une définition de l’alpinisme largement partagée. Par ce livre, par ses conférences, ses films, par son engagement sur la question du secours également, Terray a marqué les consciences et insufflé la passion de l’alpinisme à toute une génération. L’héritage de Lionel Terray, dernier épisode de notre série avec les témoignages de François Damilano et Lionel Daudet.

Au départ, raconter ses exploits en montagne, ce n’est pas sa tasse de thé, à Lionel Terray. Il s’en rend bien compte après l’Annapurna, lorsqu’il donne ses premières conférences. Le film Annapurna Premier 8000, réalisé par Marcel Ichac, a déjà rempli quarante fois la salle Pleyel à Paris. Si Terray admire les « dons d’orateur » de ses camarades d’expédition, Herzog et Lachenal notamment, il juge « la qualité intellectuelle de ces manifestations (…) le plus souvent d’une grande pauvreté ». Et ce n’est pas lui qui remonte le niveau lors de ses premières prestations : entre les photos à commenter qui arrivent dans le désordre et les projecteurs que personne ne sait faire fonctionner, l’alpiniste enchaîne les sueurs froides et suscite soit l’impatience, soit l’hilarité du public.

On sourit presque en lisant les lamentations du grand guide, détenteur de records de vitesse sur les plus dures parois des Alpes, vétéran d’une expédition himalayenne, qui se dit harassé de fatigue – il faut reconnaître que ces projections s’enchaînent à un rythme assez effréné. Pour Terray, ce n’est rien de moins que « le bagne », et il lui faut une ascension de la face ouest de l’Aiguille Noire de Peuterey pour s’en remettre ! (…)

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