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Après les plus beaux canyons de Chartreuse, des Bauges et de l’Ain, voici notre sélection des plus beaux canyons du Vercors, là encore le fruit d’années de pratique et de découverte de canyons. Vaste plateau calcaire entouré de falaises, le Vercors recèle quelques uns des plus beaux canyons de France, parfois ludiques, mais aussi des descentes offrant de grandes verticales plein gaz, de quoi se faire de beaux souvenirs …arrosés.

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Le canyon du Furon – partie haute – Vercors

Sans aucun doute le canyon le plus fréquenté du bassin grenoblois et du Vercors, le canyon du Furon l’est pour de bonnes raisons : accès aisé, obstacles ludiques. Le ruisseau du Furon, qui se glisse dans les gorges d’Engins, connaît un premier encaissement, qui est le début de ce qu’on appelle le Furon partie haute. Après ce premier encaissement, une marche entrecoupée d’obstacles plus ou moins isolés conduit à un deuxième encaissement spectaculaire, après laquelle la sortie du canyon est obligatoire. C’est la fin du canyon du Furon partie haute, dont le deuxième encaissement est aussi appelé Furon express, puisque jusqu’à récemment faisable pour lui-même, depuis un virage de la route (voir plus bas).

Au départ de Sassenage, le canyon du Furon partie basse s’accède depuis le village (et le bus depuis Grenoble !), beaucoup moins fréquenté. Une série de rappels puis un enchaînement final plus aquatique (voir photos ci-dessous), à conseiller. Attention, eau froide en provenance des cuves de Sassenage.

A savoir enfin, l’accès au canyon du Furon est réglementé, réservé aux adhérents FFME, CAF, FFS et FFCK ainsi qu’aux professionnels, selon arrêté préfectoral et convention FFME et EDF du 8 juillet 2022.

La belle piscine du Furon partie haute, ou Furon Express. Saut de 5 m. ©JC

Accès : accès amont obligatoire, parking des Brets sur la route de Lans en Vercors. Le parking aval n’est plus utilisé depuis début août 2022 : le propriétaire de la rive gauche a interdit l’utilisation de ce son terrain (barrières, panneaux). Il faut donc dorénavant faire ce canyon sans navette, au départ du parking amont, utiliser la sortie du canyon en rive droite et remonter à pied en rive droite jusqu’au pont qui enjambe le Furon au départ.

Remarque : la sortie obligatoire par la petite via ferrata change le caractère du canyon (en plus de rendre impossible son parcours « express »). Certes très courte, cette sortie par des barreaux puis un sentier câblé est extrêmement glissante, exposée, et nécessite de s’encorder et/ou utiliser des longes dynamiques. Ensuite le retour à pied jusqu’au parking amont nécessite 45 minutes de marche.

Caractère : canyon en deux parties ; un premier encaissement suivi d’une marche entrecoupée de quelques obstacles, avant l’encaissement final, spectaculaire, aquatique et sans échappatoire. Un grand classique, à faire absolument. 

Difficulté : V3 A4 II

Corde : 2x 15 m
Approche : 5min
Durée : 2h
Retour : 45 min
Infos : Descente-canyon.com

 

Le Furon partie basse, premiers rappels. ©JC

Très beau rideau dans le Furon partie basse. ©JC

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Le canyon des Écouges I – Vercors

S’il n’en restait qu’un, dans les Préalpes du Nord, le canyon des Écouges serait sans doute celui-là. Des plateaux du Vercors, la Drevenne a creusé une succession d’encaissements exceptionnels par leur verticalité, et leur beauté. Si la second partie des Écouges est le canyon idéal pour pratiquants débrouillés ou débutants encadrés, la première partie des Écouges est à prendre très au sérieux, plusieurs accidents ont hélas eu lieu dans ce canyon parfois très (trop) aquatique. La cascade finale C65 visible du parking aval permet de se faire une idée du débit : ne pas hésiter à faire demi-tour. Enfin, ce canyon exceptionnel est parcouru par des professionnels ou des équipes qui connaissent parfaitement les relais, les manoeuvres : ne pas se fier à la présence d’autres canyonistes et y aller les yeux fermés. Passé les premières cascades, l’engagement est réel.

L’ambiance est prenante et marque les esprits de ceux qui s’y lancent la première fois. Pour l’avoir parcouru à deux, à trois ou à quatre, je ne peux que conseiller d’éviter d’y aller à seulement deux. Comme dans tout canyon engagé et technique, le parcourir à trois ou à quatre permet de répartir le matériel et les cordes, et de mieux assurer manips et sécurité. Si vous êtes autonomes, prenez le temps de progresser avant de faire les Écouges. Un canyon qui est, et restera dans les plus beaux de France.

La vasque suspendue des Écouges, un grand moment. ©JC

Accès : route du col de Romeyère. Parking aval avant la C65 finale. Parking amont au pont Chabert quelques centaines de mètres après le tunnel qui remplace la route depuis son effondrement. Prudence sur la route très étroite. Navette ou auto-stop.

Remarque : canyon présentant des possibles difficultés d’accès aux relais, en fonction du débit, savoir placer des mains courantes est indispensable. Faites appel aux pros – DE canyon, guides – pour parcourir les Ecouges en toute sécurité. 

Caractère : canyon magnifique, encaissé, sans échappatoire. Des rappels techniques et des sections aquatiques (vasque suspendue entre deux rappels) s’enchaînent, mais les passages les plus techniques sont l’accès aux rappels et les rappels eux-mêmes, à équiper dans ou hors de l’actif selon le débit et le niveau des participants. 

Difficulté : V5 A3 IV

Corde : 2×50 m
Approche : 5min
Durée : 3h
Retour : navette 3km
Infos : Descente-canyon.com

Premiers obstacles dans Écouges I. ©Jocelyn Chavy

Dans les Écouges par fort débit. ©JC

Écouges I, vasque suspendue. ©JC

Dans la cascade finale de Écouges I (C65), visible de la route. ©JC

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Le canyon des Écouges II – Vercors

On l’a dit, le canyon des Écouges partie supérieure est un bijou, encaissé et engagé, réservé à des pratiquants très expérimentés ou encadrés. Pour autant, il ne faut pas prendre le canyon des Écouges II, la deuxième partie qui se fait pour elle-même, pour un canyon facile. Le départ est pourtant bon enfant, avec un rappel à peine arrosé. Plus bas le canyon se resserre et quelques sauts sympathiques plus tard, on atteint un rappel délicat, appelé la vrille. Depuis cet été, un arrêté municipal oblige à sortir du canyon après la vrille (en rive droite) car des éboulements ont eu lieu au pied de la cascade suivante. Même sans cette dernière, les Écouges II restent un beau canyon, parfois victime de surfréquentation.

Accès : Saint-Gervais, route du col de Romeyère. Parking principal avant la cascade finale de Écouges I, au départ de Écouges II, amont donc.

Retour : marche « pentue » pour remonter au parking amont.

Remarque : canyon autorisé du 1er mai au 15 septembre. Évitez les weekends. La partie haute, Écouges I, décrite plus haut, est autorisée toute l’année. La dernière section de l’encaissement, qui atteint la vallée, est interdite à la pratique.

Caractère : canyon accessible, ludique. Quelques sauts peuvent être techniques et/ou pas possibles par faible débit, attention. Le rappel de la vrille peut être difficile par fort débit. Plusieurs échappatoires possibles. Double équipement (RD/RG) sur la plupart des obstacles.

Difficulté : V4 A3 IV

Corde : 2×30 m
Approche : 2min
Durée : 2h30
Retour : 25 minutes
Infos : Descente-canyon.com

 

Rappel dans Écouges II. ©JC

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Canyon des Carmes

C’est sans doute celui que les connaisseurs s’étonneront de trouver dans notre liste, mais le canyon des Carmes, certes court, reste un canyon sauvage et très peu fréquenté. Il faudra bien choisir sa période pour le descendre : s’il est court, il est très encaissé. Il faut donc impérativement éviter les jours où il y a risque de crue. Sans doute presque à sec au coeur de l’été, il vaut mieux viser les semaines de beau temps suivant une période de pluie à l’automne ou au printemps. Pour ces raisons, le canyon des Carmes est parfois encombré de branches, en plus de troncs. Technique, sans échappatoire dans l’encaissement final, le canyon des Carmes offre une ambiance très particulière, d’une beauté saisissante. Un canyon à part, dans lequel vous serez très probablement seuls.

Ambiance dans le secret canyon des Carmes. ©Jocelyn Chavy

Accès : accès amont depuis le hameau du Faz (St-Pierre de Chérennes). Navette conseillée mais pas obligée.

Caractère : canyon en deux parties ; marche et rappel de 40m, puis une seconde partie très belle, encaissée. Canyon technique, à ne pas sous-estimer. Peu d’eau, mais risque de crues.

Difficulté : V3 A2 II

Corde : 2x 40 m
Approche : 5min
Durée : 3h
Retour : 15 min
Infos : Descente-canyon.com

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Le canyon du Ruzand – Vercors

Exceptionnel, vertical mais varié, le canyon du Ruzand nécessite de bien choisir les conditions pour le parcourir. Fréquemment à sec en été (c’est le cas en août 2022), il offre rapidement un débit après des pluies, au printemps et à l’automne. Ne pas s’engager par débit important, car le vent peut dévier le débit dans la C150 et rendre la descente dangereuse. Par bonnes conditions, les deux grandes verticales (C150 et C85) font de ce canyon un must pour tous ceux qui aiment les ambiances plein gaz. 

Départ du Ruzand. ©JC

Accès : Izeron, St-Pierre-de-Chérennes. Soit utiliser une navette, soit partir à pied du bas (500 m de D+).

Remarques : une première partie faite de petits ressauts et cascades modestes conduit à la C150 (main courante), rappels de 25m, 43m, 15 puis 80m. Enfin, on franchit une autre grande cascade de 85m (16+67m). Outre les manoeuvres et les rappels plein gaz avec (beaucoup) de cordes, le plus délicat est la jonction entre les rappels de la C150 : notamment la remontée sur la vire humide après le rappel de 43m, prudence.

Caractère : canyon spectaculaire, vertical, franchissant une falaise de 150 mètres à moitié en dévers puis une seconde cascade de 85 m. Maîtrise de cordes et grands rappels !

Difficulté : V6 A3 IV

Corde : 2x 80 m
Approche : 15min
Durée : 5h
Retour : navette 10km ou approche à pied
Infos : Descente-canyon.com

Vertige dans les rappels du Ruzand. ©JC

Autres canyons conseillés

En Vercors, le canyon des Moules Marinières, près du mont Aiguille, et le canyon de Mouna, idéal pour débutants et débrouillés.

Dans les grandes classiques verticales du rebord ouest, le canyon du Ruisant, à ne pas confondre avec le Ruzand, offre de beaux rappels plein gaz, dont une verticale fractionnée de 120 m, mais l’ensemble est moins sympa et surtout moins variée que dans son presque homonyme. A faire quand il y a trop d’eau dans Écouges I.

Idem pour la partie supérieure du canyon du Versoud, accessible depuis le pont Chabert parking amont des Écouges I. Grande verticale, grande ambiance, bon équipement, remontée à pied un peu sanglier après les grands rappels. Débit visible depuis la route de Grenoble.

Toujours versant ouest du Vercors, près du Ruzand, le canyon du Neyron est rarement en condition, il faut une longue période de fortes pluies pour voir de l’eau et enchaîner la myriade de petits rappels au début du parcours.

Dans la banlieue grenobloise, le canyon de la Pissarde, idéal pour débutants (partie 1) ou confirmés (partie 2). Et bien sûr, comme précisé en haut de l’article, le canyon du Furon partie basse est très intéressant.

A éviter, du moins le weekend : le canyon du Versoud, partie inférieure, victime de surfréquentation.

> Faites appel aux professionnels – DE Canyon, guides – pour vous encadrer, découvrir les techniques canyoning ou vous perfectionner.

A lire également :

Les plus beaux canyons des Préalpes du Nord, 1ère partie, Chartreuse, Ain, Bauges.

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