Vercors : gravel, randonnée et bivouac dans les Dolomites françaises

©Jocelyn Chavy

Entre Prélenfrey, Saint-Andéol et Gresse-en-Vercors, les petites routes se faufilent le long de la barrière Est du Vercors, spectaculaire muraille calcaire surnommée les « Dolomites françaises ». Après une journée en gravel, nous avons laissé les vélos pour monter à pied au Pas de l’Œille et y bivouaquer. Deux jours pour découvrir le même massif depuis ses hameaux paisibles, puis sur ses crêtes vertigineuses.

 

Il suffit de lever les yeux pour comprendre pourquoi nous sommes venus. Au-dessus de Prélenfrey, la barrière Est du Vercors se dresse d’un coup, immense château de calcaire posé entre le plateau et le Trièves. Les Deux Sœurs, les arêtes du Gerbier, les tours et les couloirs s’enchaînent sans interruption sur une dizaine de kilomètres. Un secteur d’une beauté spectaculaire.

On le surnomme parfois les « Dolomites françaises ». La comparaison est sans doute un peu flatteuse. Mais lorsque la lumière souligne les piliers, les aiguilles et les profondes entailles de calcaire, la comparaison avec les vraies Dolomites n’est pas usurpée.

Notre projet est simple : parcourir à vélo les villages nichés au pied des falaises, puis abandonner les roues pour gagner à pied le Pas de l’Œille, près des Deux Soeurs et y passer la nuit. Une boucle de deux jours à portée de Grenoble, sans grande difficulté technique, mais avec ce qu’il faut de distance, de dénivelé et de changement de rythme pour donner le sentiment d’un beau voyage.

Du côté de Saint-Andéol. 

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Sous l’oeil des tours du Playnet. ©JC

Rouler au pied des falaises

Nous partons de Prélenfrey avec des vélos variés : gravel, VTT, et quelques sacoches, le temps est encore frais en ce début de saison et mieux vaut prendre garde à un changement de météo durant la journée. Tente et duvets restent à la voiture. Le parcours prend la direction de Saint-Andéol, puis de Gresse-en-Vercors, en alternant petites routes, pistes et portions de gravier. Le tracé épouse les plis du Vercors, entre forêts et hameaux, via le col de l’Arzelier, sous les Deux Soeurs, un double sommet garni de grandes voies typiques des Préalpes.

Les Deux Soeurs ? Agathe et Sophie n’étaient autres que les prénoms des copines de jeunes Lyonnais coincés dans le secteur en 1940. Le Spigolo sud-est sur Agathe et la voie du Toit sur Sophie sont les classiques que tout Grenoblois aime avoir grimpé. Mais pas d’escalade aujourd’hui, du vélo : l’itinéraire qu’on a choisi n’est pas le plus court mais son intérêt est ailleurs : rester aussi longtemps que possible sous le regard des falaises.

Saint-Andéol est sûrement le spot le plus incroyable de la balade

La barrière Est apparaît, disparaît derrière une croupe, puis refait irruption. À mesure que l’on avance vers le sud, son visage change. Les parois compactes se découpent en tours, en brèches et en arêtes. Certaines se dressent presque à la verticale au-dessus des forêts. Saint-Andéol est sûrement le spot le plus incroyable de la balade, avec les tours du Playnet où s’alignent des voies d’escalade oubliées, et certaines coriaces.

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Gravel dolomythique

À vélo, on mesure mieux les dimensions de la barrière Est. Il faudrait des heures à pied pour relier les villages. Le gravel permet d’en suivre les contours plus vite, assez vite pour faire l’aller-retour jusqu’à Gresse, mais suffisamment lentement pour en profiter.

On atteint Gresse-en-Vercors et ses bars restaurants, une pause bien méritée. Le Grand Veymont ferme l’horizon, tandis que la barrière Est poursuit son déroulé vers le sud. Le village pourrait constituer à lui seul le terme d’une belle sortie. Mais il faut encore revenir vers Prélenfrey, retrouver le pied du Gerbier et changer de moyen de transport.

Après plusieurs heures de selle, nous planquons les vélos et repartons à pied, avec les sacs à dos. Il reste la partie la plus courte de l’itinéraire, mais certainement pas la moins intense.

Les indispensables du gravel

Maillot Vaude Furka Full Zip

Le Vaude Furka Full-Zip III est un maillot cycliste ajusté, sur route ou en gravel. Son tissu extensible accompagne bien les mouvements, tandis que les empiècements en mesh améliorent la ventilation lorsque l’effort s’intensifie. La coupe longue dans le dos et la large bande siliconée maintiennent bien le maillot. À l’arrière, trois poches complétées par une petite poche zippée permettent d’emporter l’essentiel. Léger avec ses 135 g, il se distingue par une conception largement réalisée à partir de polyester recyclé.

Sacoche Vaude Trailfront

La Vaude Trailfront Compact est une sacoche de guidon de 5 litres adaptée au bikepacking. Son volume permet d’emporter une veste, du matériel de réparation et quelques affaires de bivouac, tandis que la fermeture par enroulement protège efficacement le contenu de la pluie. Le support reste fixé au vélo et la sacoche s’installe simplement à l’aide de sangles, avec un écarteur en mousse EVA pour limiter les mouvements et le contact avec le guidon. Stable et compacte, elle accepte jusqu’à 5 kg de charge. 

Bivouac au Pas de l’Oeille. ©JC

Rando au Pas de l’Œille

Depuis Prélenfrey, la montée commence tranquille. Un chemin forestier, puis un sentier facile, gagnent progressivement le Balcon Est. La Baraque des Clots marque une première rupture. Posée sous les arêtes du Gerbier, elle ouvre la porte d’un autre univers. La forêt s’éclaircit d’un coup, les falaises nous dominent partout. Au-dessus, le Pas de l’Œille paraît proche. Il ne l’est pas tout à fait.

Le chemin se redresse franchement sous les Sultanes, ces étonnantes lames de roche verticale – aux voies d’escalade très conseillées pour leur ambiance. La pente devient raide, le terrain plus minéral. Il faut garder la bonne sente entre les bouts de pierriers, reprendre son souffle et sentir le poids du sac de bivouac tirer sur les épaules. Rien de technique par temps sec pour un randonneur habitué, mais le sentier réclame de l’attention, et de poser les mains une ou deux fois. Une glissade serait malvenue, et le passage est déconseillé sous la pluie, dans le brouillard ou lorsqu’un névé persiste.

Bivouac aux alentours du Pas de l’Oeille. ©JC

En montant au Pas de l’Oeille, la pente devient peu à peu plus raide, le terrain minéral

Le bivouac

Le Trièves, traversé quelques heures plus tôt à vélo, disparaît dans l’ombre. Près du Pas de l’Œille, le sentier rejoint un univers de crêtes, de lapiaz et de pelouses suspendues. Les Sultanes surgissent en contrebas, effilées et presque irréelles. Le Gerbier domine immédiatement au sud. Ses arêtes calcaires, bien connues des grimpeurs, prennent dans la lumière du soir une ampleur saisissante.

Nous trouvons un replat pour la tente, à l’écart du passage. Le sol n’est jamais parfaitement plat dans ce coin, mais assez confortable, avec surtout une vue époustouflante. 

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Une nuit au bord du Vercors

Le vélo est resté mille mètres plus bas. Les villages aussi. Nous dînons avec le Gerbier pour voisin, dans ce silence particulier des fins de journée en altitude, lorsque le vent faiblit et que les rares derniers randonneurs sont redescendus.

Ce n’est pas la solitude absolue d’un massif lointain. Prélenfrey n’est qu’à quelques kilomètres, le sud grenoblois s’illumine. Pourtant, la rupture est complète. Le rebord oriental du Vercors forme ici un balcon extraordinaire, suspendu entre le plateau du Vercors et les Alpes, en face. Ne pas rater l’aurore en se levant tôt ! À l’est, une bande orangée apparaît au-dessus des montagnes encore noires. Puis les silhouettes se précisent.

Le mont Blanc se détache au loin. Plus au sud, les aiguilles d’Arves dressent leur profil reconnaissable dans la lumière naissante. Entre les deux se succèdent les massifs dans un dégradé de bleu, de rose et d’orange. 

Une combinaison qui transforme cette boucle de 2 jours dans le Vercors en une micro-aventure 

©JC

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Le petit déj’ attendra que le soleil soit entièrement levé. Il est pris dehors, face aux Alpes, sous le regard du pilier Gauci, le profil sud du Gerbier. Le thé refroidit vite, mais personne ne songe à se presser. C’est précisément pour ces heures inutiles, impossibles à caser dans une randonnée à la journée, que l’on a porté la tente et les duvets.

La descente au-dessus des Sultanes réclame davantage d’attention que la montée. La pente est raide, les pierres parfois glissantes et le regard attiré sans cesse par les aiguilles rocheuses qui surgissent sous le sentier. Puis le terrain s’assagit à l’approche de la Baraque des Clots. La forêt reprend sa place, et nous ramène progressivement à Prélenfrey.

Le vélo permet de parcourir aisément le pied de la barrière Est dans toute sa longueur. La rando donne accès à sa partie la plus verticale et la plus sauvage. Le bivouac ajoute des lumières incroyables. Cette combinaison transforme une boucle de proximité en micro-aventure complète. Deux jours suffisent pour changer plusieurs fois de décor, d’allure et de point de vue. Une manière simple et particulièrement réussie de découvrir ces Dolomites françaises !

Sur les crêtes du Vercors. ©JC

Les indispensables de la rando

Tente Vaude Space 2

La Vaude Space 2 est une tente deux places légère qui ne sacrifie pas le confort. Sa construction offre un volume intérieur agréable, avec une hauteur correcte et surtout deux entrées associées à deux absides, très pratiques. Le montage est rapide et l’ensemble se montre stable une fois haubané. À 1,9 kg annoncés — 1,7 kg en configuration minimale — elle reste compétitive pour une utilisation à deux, d’autant que son encombrement de 35 × 20 cm facilite son transport dans un sac à dos ou sur un vélo.

Veste Vaude Freney VI

La Vaude Freney VI est une veste isolante légère, pensée pour la montagne. Son garnissage PrimaLoft Silver Eco de 40 g/m² apporte une chaleur suffisante sur trois saisons, tout en conservant ses propriétés lorsqu’il est humide. La coupe ajustée, les manches préformées et les poches accessibles avec un baudrier en font un modèle bien adapté à l’alpinisme, à la rando et même en ski de rando. Compacte, elle se range dans l’une de ses poches. Une veste polyvalente et peu encombrante.

En pratique

La boucle peut débuter à Prélenfrey (Isère) et rejoindre successivement le col de l’Arzelier, Saint-Andéol et Gresse-en-Vercors. Le choix précis des routes chemins dépend de vos envies et du niveau recherché. Une arrivée en train est possible à Monestier-de-Clermont, sur la ligne Grenoble–Gap, avant de rejoindre par exemple Gresse puis Prélenfrey à vélo, et retour sur Vif.

Pour le bivouac, prévoir toute l’eau nécessaire, aucune source n’étant disponible Pas de l’Œille. Le sentier final est raide et exposé par endroits : à éviter par mauvais temps, brouillard ou enneigement. Ce secteur de la Grande Moucherolle étant en dehors de la Réserve naturelle des Hauts-Plateaux, il n’y a pas de règles précises pour le bivouac, mais pensez à choisir un emplacement discret, ne pas laisser montée la tente en journée, et ne laisser aucune trace. 

 

 

Tous les produits Vaude utilisés sur ce vélo-rando trip sont à retrouver sur le site Vaude. 

Remerciements à Élise Caron et Maxime Buffet.